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647 – Variant 24 juillet, 2021

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Cas contact, jour 3.

Cher Journal, j’en sais un peu plus sur les raisons qui me contraignent à ne pas fréquenter mes semblables.

L’isolement, c’est comme le confinement sauf que les autres peuvent vivre quasi normalement. Mon île déserte ressemble à un pavillon entouré d’autres maisons desquelles émanent des parfums de barbecue, des bruits de tondeuse à gazon et des piaillements joyeux issus des piscines gonflables.

Ohé ! Je suis là !

L 452 R. C’est précisément ce qui me maintient à domicile selon le laboratoire. Spontanément, en recevant cette information, j’ai pensé à L 5 – « Toutes les femmes de ta vie », inoubliable – et à L 627, un film des années 90 qui met en lumière la Brigade des Stups. C’est bien rangé dans mon cerveau, non ? Notamment à la lettre « L ».

Sauf que L 452 R identifie avec certitude le variant du Covid de ma fille, et donc mes références auraient du s’inspirer de la Grèce ou de l’Inde, puisqu’il s’agit du variant Delta.

Delta. C’est poétique, un nom de virus, un peu comme ceux que l’on attribue aux tempêtes tropicales et autres joyeuses intempéries comme un ouragan qui passait sur moi…

Au moins, si ma fille avait chopé le variant anglais, je vous aurais mis des paroles des Beatles, des Clash ou d’Oasis, mais là, vous aurez en tête une chanson de princesse…, « l’amour a tout emporté, dévasté nos vies », tu m’étonnes ! Quelle sens de l’anticipation, cette Stéphanie.

Autre sujet, moins musical. Je me suis fait une réflexion qui est soit visionnaire, soit incrédule, et je préférerais la seconde hypothèse.

Je suis allé faire les courses aujourd’hui parce que le frigo ne se remplit pas tout seul et que la pharmacie ne livre pas à domicile. Le risque : une amende puisque je ne suis pas censé sortir. Je suis un délinquant, soit.

Mon scénario à la George Orwell du Val de Marne du  consiste à penser que dans 10 ans, plus ou moins, ce qui est vérifiable à l’heure actuelle sur un papier ou une appli sur la base d’un contrôle sera automatiquement détecté par le Ministère de la Santé.

En gros, là , je suis invisible, pas vu – pas pris, mais à l’avenir, une personne potentiellement contaminatrice sera fichée, identifiée, localisée et empêchée de sortir via un système technologique qui ne doit pas être si complexe à concevoir et d’ailleurs peut-être est-ce déjà le cas.

Restent, à ce stade : les débats sur la morale, sur l’équilibre entre des mesures laxistes ou liberticides, sur le droit de ne pas se faire vacciner et beaucoup d’autres questions de fond que notre beau pays n’a pas fini de se poser, et notamment via des manifestations ou des séances parlementaires nocturnes.

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Cher Journal, ne t’inquiète pas pour moi, j’ai fait une petite réserve de bières à l’hypermarché aujourd’hui parce que la promo ne se refusait pas, et que… cela fait passer le temps devant les Jeux Olympiques.

Tout va bien, je chante des chansons des années 80, je vois des « L » un peu partout, j’ai des hallucinations en mode big brother de banlieue, j’ai l’alphabet grec qui s’infuse dans mon esprit, alpha, beta, gamma :

Delta

646 – Contact. Dont acte. 22 juillet, 2021

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Cas contact. Day 1.

Bam ! Ça tombe en vertical et en viral. Ma fillette avait une petite fièvre hier et puis une grosse fièvre cette nuit.

Naguère, nous aurions tabassé sa température à grands coups de Doliprane toutes les 6 heures en se disant : « Ça va passer, ça ira nettement mieux demain, c’est juste un petit truc viral qui arrive fréquemment avec l’été. » Et bonne nuit !

Mais ça, c’était avant 2019. De nos jours, en cas de fièvre, on se rend dans une pharmacie pour effectuer un test antigénique et puis on attend le verdict.

« Votre fille est positive ». Mais oui, je sais : elle a toujours le sourire, elle est optimiste, c’est quoi le sujet ?

« Votre fille a le Covid, on va faire un test PCR que l’on enverra au laboratoire pour déterminer la nature du variant. Bonus : vous restez avec nous, Monsieur, on va aussi vous tester. »

Ce qui aurait pu ressembler à une journée « normale » s’est transformé en une interminable litanie de protocoles sanitaires, de doutes, de perspectives d’isolement et de sentiment d’appartenance à la grande tribu des personnes susceptibles de transmettre le virus. I am dangerous !

Après le décidément trop banal : métro – boulot – dodo, j’ai donc testé la : blanche blouse, piquouze, la lose.

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Ces 17 petites barres sont autant de jours d’isolement imposés aux cas contact – si j’ai vraiment tout compris – incluant aussi les personnes vaccinées depuis un mois et nanties d’un test antigénique négatif daté du jour. Mais certaines informations sont totalement contradictoires, en évoluant au gré des déclarations des Ministres.

Je pensais pouvoir me distinguer un jour par ma virilité, mais je me retrouve propulsé par ma viralité. Ça se joue à rien en fait.

Les J.O. se profilent, mon marathon a déjà commencé…

Quarantine

645 – PMG 3 avril, 2021

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Vous avez probablement remarqué que nos gouvernants, l’air grave, le menton relevé, l’œil agile, en appellent systématiquement à la « responsabilité collective ». C’est une formule magique.

Soyez responsables mes amis, soyez justes, soyez raisonnables, exactement comme notre classe politique. D’ailleurs, c’est grâce à cette exemplarité que nous leur envions que nous les élisons et que nous nous soumettons à leurs règles.

J’ai tout compris en fait : notre élite politique s’est hissée à ce niveau de « responsabilités » en accumulant collectivement celle des autres, nous, c’est bien fichu ce système, il fallait juste y penser.

Alors, la responsabilité collective, c’est quoi ?

OK, je vois que vous êtes aussi inspirés que moi. Je vais tenter de formuler une hypothèse. Selon moi, la responsabilité collective se traduit par un système PMG. Non, non pas le PSG qui va déglinguer le Bayern Munich dans quelques jours, allez Paris !, le : PMG. Une idée ?

Lorsque les journalistes tendent un micro pour obtenir des réactions face aux nouvelles restrictions, qu’est-ce que répondent les interviewés ? Extrait.

« Oh, cette situation ne m’inspire que l’envie de rentrer chez moi avant 18.00, d’aider mon prochain, de ne pas m’exposer inutilement dans des situations où je pourrais attraper le virus, de ne pas partir en province pour les fêtes pascales et de guetter avec gourmandise les prochaines mesures de responsabilité collective. »

Oups, une tentative d’intrusion de virus a essayé de perturber ma démonstration, merci de ne pas tenir compte du verbatim précédent, c’est un fake, c’est un hoax !

Non, en fait, on entend de nombreuses personnes expliquer comment ils vont pouvoir interpréter cette responsabilité collective à titre individuel, avec un label PMG : « Pour Ma Gueule ».

Et comment on s’arrange pour bricoler sa vie afin qu’elle ne soit pas trop étriquée, comment voir plus de 6 potes à plus de 10 kilomètres de chez soi sans se faire choper, comment flirter avec le danger en pique-niquant dans un jardin, comment parvenir à faire garder ses enfants en bas âge en enfreignant quelques toutes petites règles, mais bon : pas le choix, bref, comment poursuivre son chemin personnel dans ce schéma de règles communes ?

PMG ne veut pas dire égoïste, je ne porte pas de jugement, c’est juste reconnaître que la responsabilité collective est une somme de responsabilités individuelles, et on se débrouille avec tout cela comme on peut, c’est probablement ce qui nous différenciera toujours de l’intelligence artificielle.

Et puis là Bam ! Le coup de grâce en cette période tristounette, le contraste ultime, l’oxymore en période Covid. En boomerang à franges et à paillettes, le retour imagé d’une époque où les boules à facettes faisaient la loi, avec de la joie de vivre à gogo, de la démesure dans ta Renault 5 break, du Disco Roi et ses cols pelle à tarte, de Guy Lux, Mamma Mia, here I go again, I love America.

Patrick Juvet.

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644 – The Initials SG 2 mars, 2021

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Oh je voudrais tant que tu te souviennes d’une époque où les poètes maniaient la provocation avec une subtilité inouïe.

Quel exercice difficile que de rendre hommage à un maître des mots avec mes propres mots, comme je me sens petit à l’ombre de ce géant.

J’aimerais pouvoir triturer et torturer les mots comme Serge Gainsbourg et puis leur donner une grâce infinie, aérienne, profonde. Oh, et puis non, cet homme est unique, pourquoi chercher à l’imiter ? Juste l’écouter.

Mais comme il doit être agréable de pouvoir s’emparer d’une émotion et de la convertir en une empreinte esthétique et délicate qui s’enracine dans la mémoire collective.

Quelle expérience inoubliable et impossible que de voyager dans le cerveau de Serge Gainsbourg, de rester coi devant ses fulgurances, de se taire en admirant les connexions magnifiques entre les sons et les phrases ou d’essayer de comprendre les trajectoires sublimes qui mènent à son génie.

Je suis venu te dire à quel point ce 2 mars 1991 a été un jour pénible. Je revenais du ski, j’ai déchaussé, j’ai ôté mes gants, j’ai allumé la radio, et le journaliste nous informa d’une manière laconique et émue : « Serge Gainsbourg est mort ». Disparu dans des volutes de Gitanes.

Ne vous déplaise, je souhaite à chacun d’entre nous d’avoir, ne serait-ce que le quart du tiers du centième de l’inspiration de cet artiste tellement inspirant que j’avais vu en concert quelques mois auparavant ; oui, vous pouvez officiellement me détester, j’ai eu cette chance de le voir sur scène.

Oh, certes, les ligues de vertu, les adorateurs du politiquement correct et les fanatiques de l’écriture inclusive vont probablement râler et désapprouver le fait que j’encense ce personnage qui a rendu son dernier souffle nimbé de nicotine il y a déjà 30 ans.

Gainsbarre, sa part d’obscurité assumée, revendiquée, arrogante, fragile, éblouissante. Serge Gainsbourg avait érigé l’irrévérence en une forme d’art jubilatoire, pudique, sensuel et mélodique.

Cet artiste timide, sensible, impulsif, excessif, outrancier, iconoclaste laisse derrière lui et surtout devant nous une œuvre considérable parce que je n’ai aucun doute sur le fait que nous l’applaudirons encore dans 30 ans.

Oh je voudrais tant que tu te souviennes.

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643 – En Pole position 23 février, 2021

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250.

C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire : beaucoup. Bon alors, 250, c’est quoi ? Une petite intuition ?

Est-ce le nombre de jours avant que les restaurants ne ré-ouvrent leurs portes ou avant que vous ne remettiez vos pieds dans des chaussures de ski ? Rien de tout cela.

250, c’est le nombre de lettres de motivation que j’ai écrites entre le 5 octobre 2020 et le 23 février 2021. En petite foulée. J’ai un sublime tableau Excel avec tout plein de formules et de couleurs qui résume tout cela et je résiste à l’envie de vous le mettre en pièce jointe. Non, je réserve ce document à Pole Emploi, ne soyez pas jaloux.

Ça en fait du Madame et du Monsieur à qui j’ai prié d’agréer l’expression de mes sincères salutations. Je ne comprends toujours pas cette phrase et pourtant je l’ai écrite 250 fois.

Hélas, je ne connais pas les formules de courtoisie qui conviennent aux algorithmes et aux robots qui me répondent dans la grande majorité de mes candidatures, il faut croire que je ne sais pas bien communiquer avec les intelligences artificielles.

Non, en réalité je préfère les vrais gens qui vous proposent un vrai rendez-vous. Quoi que.

J’ai récemment eu un entretien ; la jeune femme qui m’a convoqué et qui m’a accueilli me dit triomphalement en me souriant et sans masque : « Bonjour Sébastien ! » et me tendit sa main en espérant que je la lui serre. J’ai failli lui demander si je pouvais agréer mes salutations à son algorithme.

Ah, la recherche d’emploi, quel bonheur de tous les jours. Tiens, je vais me la jouer comme le fatigant Benjamin Biolay, je vais faire mon auto-promo, c’est chic, non ? En 2010, j’ai commencé à bloguer parce que j’avais besoin d’exprimer à quel point le fait d’être au chômage n’était pas une maladie honteuse : Stiop. Plus de 10 ans après, Ubu règne toujours en maître dans les processus de recherche d’emploi.

Et je me rends compte aujourd’hui qu’une des raisons fondamentales pour lesquelles je continue à bloguer sous une autre forme répond avant tout à ce besoin égoïste de m’oxygéner l’esprit en racontant d’autres histoires, alors, chères lectrices et chers lecteurs, je vous prie d’agréer…

Mode d'emploi

642 – Mal Saint 14 février, 2021

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Et si « les choses » se terminent parce que le chemin est saturé

Et que si même si tu y as cru, force est de constater

Que tu n’as plus les mots, que c’est une overdose

Que ce tu nous nommais « amour » est devenu « les choses »

 

On nous bassine, on nous harcèle, on nous les brise

Les marchands du temple ne connaissent pas la crise

On te vend du bonheur, du sourire, de la complicité

La Saint-Valentin déferle telle une obscénité

 

Ah, ils sont forts les as de la vente, les pro du marketing

Les cadors des algorithmes, les pontes du speed dating

N’oubliez surtout pas de penser que vous êtes amoureux

Et commandez vos cadeaux en ligne, ce sera encore mieux

 

Le 14 février, comme il est urgent que nous soyons demain

Que l’horloge tourne plus vite et être le 15 enfin

Que ce jour est cruel pour ceux qui ne s’aiment plus

Le 14 février, il faut qu’il se termine, ce jour a vécu

 

Et le reste de l’année, on se demande à quoi il sert

Peut-être est-ce la revanche des célibataires ?

Il n’y aura pas de fête, ni de célébration

Pas de prénom à qui se vouer, pas de Saint Patron

 

C’est un signe des temps mais observons les statistiques

C’est la foule chez Tinder, Disons Demain et Meetic

Le peuple des gens seuls ne cesse de progresser

Le nombre des mariages ne cesse de régresser

 

Oh, mais elle a bon dos cette situation de confinement

Que certains nous présentent comme un enfermement

Les gens n’ont jamais autant cherché à se parler

Derrière leur écran, pas rasés, en jogging, pas coiffés

 

Mais où donc s’est-il égaré l’art subtil de séduire ?

Englouti par les algorithmes, encore eux, comment les fuir ?

L’âme sœur, le prince charmant hélas n’existent pas

Sauf pour Valentin, le Père Noël, Google et puis voilà

 

La tristesse c’est le blues, et parfois c’est le slam

Qui voyage par les mots, en remontant de l’âme

Alors ne me parlez surtout plus de cette Saint Valentin :

Retourne dans ton calendrier jusqu’à la Saint- Glinglin.

30-fevrier

641 – Mais qu’est-ce que tu bois Doudou dis-donc ? 9 février, 2021

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Je bois avec gourmandise les amabilités que l’ex cofondateur du Groupe Oasis, Liam Gallagher, a récemment adressées à Rishi Sunak.

Sir Rishi Sunak, brillant diplômé en Philosophie d’Oxford, n’est rien moins que le Chancelier de l’Échiquier en Angleterre, soit le Ministre des Finances et du Trésor. Joli parcours professionnel.

Mais, hélas pour lui, le Covid a quelque peu déglingué son discernement et a flingué sa lucidité, ce que Liam Gallagher lui a fait gentiment remarquer via un champ lexical issu des meilleurs pubs de Manchester. Démonstration.

Une statistique assez déprimante révèle en effet que plus de 30 % des musiciens professionnels britanniques seraient contraints d’abandonner leur carrière, car la crise sanitaire les empêche de pratiquer leur métier. Cela représente plus de 150 000 personnes tout de même.

Alors, au pays des Beatles, des Cure, de Depeche Mode, de Franz Ferdinand, Queen, Muse et de Massive Attack – je pourrais créer un blog sur la scène musicale britannique – autant dire que cette perspective de mettre des musiciens hors d’état de bruire est très mal perçue.

Et donc Mr Sunak, sur ITV News, a publiquement conseillé à tous ces artistes désœuvrés de se recycler et par conséquent de changer de métier, car la Reine d’Angleterre ne mettra pas un penny de plus pour subventionner la culture musicale en son Royaume.

Je vous décris la scène : « Monsieur Clapton, il y a un job de livreur chez Amazon qui se libère dans la région de Newcastle, vous postulez ? »

Et c’est là que Liam Gallagher, qui n’a rien perdu de sa créativité, rétorqua à Mr Sunak que les musiciens n’avaient aucune envie de changer de métier et de devenir des « massive cunts » comme lui, ce que l’on peut traduire comme des « immenses connards ». So smart Liam, thank you.

Cette industrie musicale qui s’est gavée avec les vinyles puis les CD, puis le peer-to-peer de Napster a ratiboisé ce modèle économique engendrant la hausse des prix des concerts et puis on arrête les concerts pour cause de Covid et puis on se rabat sur le streaming et puis : plus rien ou presque, à part le bouton « Off » sur l’ampli.

Johnny Marr, qui avait fondé les Smiths avec Morrissey, qualifia Mr Sunak de « moron », soit, assez sobrement : « d’abruti ». Ils ont le sens de la formule ces brits.

Alors en guise de conclusion, et comme j’avais commencé ce texte avec du Carlos dans le texte, « Doudou, dis-donc… », je voudrais rendre hommage à la musique britannique sans laquelle toute vie ne vaut pas d’être vécue, avec une sublime chanson des Smiths qui, je n’en ai aucun doute, n’est pas prémonitoire : « I know it’s over. »

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640 – Hyper gagne 6 février, 2021

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Villiers-en-Bière, Noyelles-Godault, Portet-sur-Garonne. Cela vous évoque quelque chose ? Non ? Ohhh…, quel dommage. Et pourtant, c’est de la pure poésie commerciale. Et Vitrolles, Mundolsheim, Le Pontet, Aulnay-sous-Bois, Claye-Souilly… Toujours pas ?

Dans les faits, ces villes abritent parmi les plus vastes hypermarchés de France, avec pour certains plus de 20 000 m2 dans lesquels on peut trouver au même endroit des petits pois, des assiettes en carton, du cirage, des chaussettes et de l’eau déminéralisée.

Je l’avoue, j’ai toujours été fasciné par les très grands magasins : flâner dans les allées, évaluer la hauteur des têtes de gondole, compter le nombre de caisses et se mettre à un bout de l’allée centrale sans pouvoir en distinguer l’autre extrémité : tant de gens, tant de chariots et cette société d’hyper-consommation dans toute sa démesure, le kif quoi !

OK, je vous l’accorde, ce centre d’intérêt peut paraître assez atypique, mais bon, on s’en parle des glycophiles qui collectionnent les emballages de morceaux de sucre ?

Ce modèle de l’hypermarché inventé par les français qui fut naguère si conquérant – y compris hors de nos frontières – vacille très nettement depuis quelques années, pris en étau entre la redécouverte des commerce de centre-ville… avant 18.00, le drive et le e-commerce.

Et quand on constate que notre Carrefour national est la proie fugitive d’un Couche-Tard Canadien, il y a de quoi aller se mettre au lit.

Les experts ajoutent que nous, les consommateurs, nous avons changé et que nous sommes en quête de « sens » dans le cadre de nos courses.

Les pontes de la consommation prétendent aussi que ce qui pourrait provoquer un « réenchantement » du commerce dans nos hypermarchés repose sur une « expérience d’achat ». Le marketing a aussi sa poésie. Et sa part de pipeau.

Alors, on nous évoque des zones poly-sensorielles, des espaces dédiés au batch cooking qui s’accordent avec notre désir de slow life…

J’ai eu un coiffeur au beau milieu de mon magasin, un sushi shop, un accès illimité à des jeux sur console, et tant d’initiatives étranges et éphémères, je m’attends désormais à ce que s’installent le bowling, la piste de ski et, je l’espère ardemment : un open bar.

Mais arrêtez des fantasmer les cadors en concepts fumeux, car c’est un BOGOF de Nutella qui crée des émeutes dans les rayons. Pour les profanes, un BOGOF signifie « Buy One Get One Free » soit : pour 1 acheté, 1 gratos, je sens que ça vous parle à présent. Nutella, c’est une pâte à tartiner, mais je crois que vous connaissez…

Nutella

639 – C’est relativement moins grave que si c’était moins pire 29 janvier, 2021

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Vous vous y êtes habitués. Moi aussi.

À quoi ? Aux discours alambiqués, aux déclarations formatées pour les médias, aux phrases conçues dans les arrière-cuisines des conseillers en communication qui bricolent une espèce de plateforme sémantique qui ne heurtera personne.

Malgré « la distanciation physique et sociale », on assiste à une « dégradation manifeste » de la situation due à une « forme de relâchement » qui « ne freine pas suffisamment la propagation du virus » et il faut admettre que « le couvre-feu à 18 h. a aujourd’hui une efficacité relative ».

Le drame, c’est que vous avez tout compris. Bonne nouvelle ! Vous êtes officiellement bilingue, avec langue de bois en seconde langue vivante.

Le TOEFL (Test of English as a Foreign Language), c’est bien, mais saviez-vous que, désormais, vous êtes automatiquement diplômé du Test En Uniformisation en Bois, le TEU-B.

Ah, vous l’ignoriez, mais vous êtes TEU-B, en vertu de votre intelligibilité remarquable pour des messages émanant de nos gouvernants. Huge congratulations my friends ! Et pas welcome au variant anglais.

J’ai écouté avec attention les débats sur la prétendue « infantilisation » dont nous ferions collectivement l’objet, c’est partiellement exact. Non, en fait, les politiciens nous servent une autre langue qui prend logiquement sa source dans le « politiquement correct ».

Notre société a capitulé devant cette étrange manière de dire la vérité, et nous acceptons sans moufter cette sorte de tisane au miel qu’on nous sert en guise « d’informations ».

Vous permettez ? Je vais me défouler un peu. Je ne ferai sans doute pas carrière dans la communication gouvernementale et vous pourrez me retirer mon diplôme de TEU-B mais je me lance, sans gants et sans guillemets.

Le Covid – vous me cassez les bonbons avec LA Covid – accélère sa progression malgré la vélocité des scientifiques, malgré la discipline des populations qui en ont ras-le-cul et malgré les bonnes et les mauvaises décisions qui ont été prises depuis un an.

Et donc, à ce stade, « tout confirme que le virus n’a pas baissé d’intensité », et « qu’un confinement très serré » est à l’étude. C’est ça, serrons-nous…

Serrés

638 – Écran d’arrêt 21 janvier, 2021

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Non mais franchement, en tant que parents, c’est de plus en plus difficile de comprendre nos jeunes. Explication.

Revenons deux ans en arrière. À cette époque, notre discours d’adulte adressé à nos enfants ressemblait peu ou prou à cela : « Peux-tu s’il te plaît diminuer ton addiction aux écrans ? »

En effet, en ces périodes si lointaines pendant lesquelles notre quotidien n’était pas contrarié par un virus, la journée type d’un étudiant consistait à passer d’un téléphone pour tchatter à une tablette pour regarder une série entrecoupée de réponses à des messages sur le smartphone et retour à la suite et fin de la saison 4 de Stranger Things.

« Non mais déconnecte un peu, on est là, nous aussi. »

Pfff, les gens qui sont nés avant l’an 2000 ne comprennent pas que la vraie vie est strictement : digitale. En ligne, on discute, on commente les dernières rumeurs, on achète / on vend, on fait des jeux, on drague, on invente des chorégraphies et on entretient ce lien communautaire tellement fort derrière son écran.

C’est sûr que nous, quadras et quinquas, on préfère aller au restaurant, faire un barbecue, suinter dans une salle de sport, boire des canons avec ses poteaux, des trucs de vieux dans la vraie vie.

Soit. Et quel est le sujet qui monte dans la société, qui préoccupe parents et enfants, qui témoigne d’une grande détresse psychologique des étudiants privés de leurs bancs à l’Université ? L’absence de contacts, d’interactions physiques, de partage d’émotions, de liens tactiles… ; trop d’écrans, c’est une punition !

Et les médias nous présentent ces jeunes personnes qui sombrent dans la dépression car la vie exclusive en ligne est devenue une souffrance tellement puissante qu’elle annihile toute volonté d’apprendre, d’écouter et de se projeter dans l’avenir. Juste rester en pyjama et dormir, le reste : wtf.

Alors, c’est un sujet beaucoup trop sérieux pour en sourire, mais entendre à la radio ces étudiants qui rêvent juste d’aller à la Fac pour suivre des cours avec d’autres personnes tout aussi motivées, c’est très surprenant et relève d’une réalité beaucoup plus grave et nettement plus complexe.

Quitte à laisser son téléphone dans sa poche, quitte à laisser passer un wagonnet de notifications sans réponse, quitte à ne pas surréagir à une polémique portant sur une influenceuse lambda, quitte à se parler en face à face, sans l’aide de la technologie, comme les personnes nées au 20ème siècle.

Je sens que les jeunes vont prendre un petit coup de vieux…

Âme vide

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