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626 – Le tour d’immonde 27 juin, 2020

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C’était mieux avant ? Eh bien, non. C’est mieux en ce moment ? Pas davantage. Ce sera mieux demain. Probablement : non. Nous pouvons tous considérer ce que nous avons perdu depuis que le virus est entré dans notre quotidien, mais je vous mets au défi de déterminer ce que nous avons gagné.

Cet espèce d’entre-deux flouté, cet espace indéchiffrable qui se situe environ entre le monde d’avant et celui d’après, c’est pénible, c’est lancinant. Entre ceux qui ont la nostalgie de leur liberté perdue et ceux qui se languissent des progrès qui tardent à venir, il me semble que nous régressons.

Quels enseignements allons-nous tirer de cette crise sanitaire ? Par ailleurs, elle est loin d’être terminée cette funeste période, si l’on considère à quel point le virus progresse aux États-Unis, au Brésil, en Russie et dans tant d’autres zones de notre globe.  Pékin, allo quoi ? 21 millions de personnes sous surveillance.

Le virus fait le tour du monde sans prendre l’avion ; il n’y a plus d’avions : il est malin. Réjouissons-nous, notre époque nous a propulsé dans les livres d’Histoire, et nos arrière-arrière-arrière petits enfants commenteront dans une cinquantaine d’année cette étrange année 2020. On retourne en « arrière » effectivement.

Cela me fait de la peine de percevoir les rêves brisés de ceux qui croyaient tant aux lendemains merveilleux faits d’écologie, de fraternité, de générosité et de prévention de ce que nous avons de plus cher : nous-mêmes, les autres. Le monde d’après semble encore pire finalement, car il  va falloir cohabiter avec la menace de vivre avec Covid jusqu’à ce que l’on trouve un vaccin, pour considérer finalement que le virus a muté, et on y retourne…

Pendant ce temps, qu’est-ce que notre brillante civilisation va faire ? Après avoir dénombré le nombre de lits vacants dans les hôpitaux, le nombre de malades, le nombre de personnes en réanimation, etc, nous allons tôt ou tard être les spectateurs médusés du nombre de faillites d’entreprises, du nombre de demandeurs d’emploi et du nombre personnes déclassées.

En toute franchise, et même si le déconfinement fait un bien fou, êtes-vous transportés de joie en ce moment ? Avez-vous le sentiment de vous tourner vers l’avenir avec allégresse ? Le goût de la bière en terrasse, servie par un garçon portant un masque, est-il meilleur ?

Le gymnase fractionné en zones délimitées, les vestiaires et tribunes condamnés et les pratiques sportives entravées par des règles sanitaires, ça vous motive ? Les atermoiements des gouvernants face à une situation que personne ne maîtrise et pour laquelle les décisions, mêmes prises avec bon sens, se heurtent à une réalité qui nous dépasse : rassurés ?

Ni le monde d’avant, ni le monde d’après, ni le monde de maintenant. L’immonde.

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625 – Drapeau rouge noir sang 9 juin, 2020

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Ce nouveau monde est désespérément vieux, poussiéreux, dépigmenté, et ne cesse de retourner la tourbe nauséabonde des décennies précédentes. N’en déplaise aux croyants, aux militants du bonheur ou aux utopistes, il me semble que l’humanité ne poursuit pas un projet de bien-être.

Nous allons juste continuer tranquillement à faire ce que nous savons faire de mieux : augmenter notre confort, passer outre l’essentiel, discriminer s’il le faut, inventer de nouvelles méthodes d’exclusion ou de « distanciation », détruire pour reconstruire, et, dans la majorité des cas, y aller en force. La douceur ne coule pas dans nos gênes.

Je fais partie du même troupeau, je ne vaux pas mieux que les autres, je participe, probablement, à cet élan égoïste qui nous projette vers l’avant en poursuivant un chemin invisible, mais tracé.

Qu’est-ce qui anime les médias aujourd’hui, à présent que le Covid semble avoir cédé la vedette à d’autres sujets, du moins en France ? Il suffit d’allumer une radio pour entendre quoi ? Des relents de racisme, de brutalité, d’équité non acquise et un ressenti au goût amer.

Ce goût dégueulasse que doivent régurgiter, avant de mourir, les animaux vivant en Sibérie Arctique, territoire sur lequel 21 000 tonnes de diesel se sont récemment déversées sur un sol gelé. Visible depuis l’espace, cela constitue modestement, pour les experts, je les cite : « un désastre écologique. » Les rivières se rougissent d’hydrocarbures, ça carbure, et personne de rougit.

Avions-nous oublié que la couleur de peau et la préservation des espaces naturels étaient encore des enjeux majeurs, simultanément au combat contre le virus ? Nous étions dans  le déni sans doute : nous regardions ailleurs, pendant que la Covid prenait toute la place sur les chaînes de télévision ?

Ah oui, c’est vrai, on doit dire « la Covid » selon les linguistes, c’est un terme tellement distingué qu’il se doit d’être féminin, comme la pandémie, ça va plaire aux féministes, on n’a jamais assez d’ennemis… Mais que fait la Police ?

Elle proteste aussi puisque l’Agent de Police des Village People, Victor Willis, a demandé à Donald Trump de ne plus utiliser « YMCA » et « Macho Man » dans ses meetings après que le Président a menacé de déployer l’armée face aux manifestants contre le racisme.

Quelle absence de goût Macho macho man, aurais-tu attrapé la Covid ?

 Floyd

624 – No Churchill 29 mai, 2020

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Un jour, dans quelques mois, des sondages et des enquêtes d’opinion se relaieront pour nous demander : « Qu’est-ce qui vous a manqué le plus durant le confinement ? » Les restaurants, les musées, les voyages, les concerts, le cinéma, les Jeux Olympiques, les boîtes de nuit… ? Et vous ?

Naguère, Sir Winston Churchill avait une réponse concernant la raison pour laquelle il était encore aussi vaillant à 80 ans : « No sport ». Wrong ! Au risque de créer un incident diplomatique avec le Royaume-Uni, j’ai réellement envie de dire que, sur ce point précis, ce grand homme d’État avait rigoureusement tout faux. Après le barnum que fut le Brexit, qu’est-ce que l’on risque avec nos voisins d’outre-Manche ? Je le tacle et d’ailleurs les anglais ont inventé le football et le rugby…, quel paradoxe, non ?

Tout le monde n’a pas cette chance, mais, il y a plus de 20 ans, j’ai rencontré mon sport. Mon sport, celui qui allait me hisser vers des sommets d’allégresse, qui allait me permettre de rencontrer des génies capables de disséquer un amorti croisé de revers pendant une heure, ce sport qui allait donner à mon existence un sentiment de légèreté, de bien-être et même d’émerveillement parfois.

Alors cette période de « no sport » liée au confinement est un supplice, Mr Churchill. Je vous prie de croire, en outre, que je ne clame pas mon désespoir pour attirer l’attention sur moi ; je me fais seulement l’écho de nombreux témoignages de déprime de sportifs sevrés de leur oxygène. Pour toutes ces personnes en perdition habitées par leur passion et orphelines, il s’agit bien d’un abandon brutal, d’une privation imméritée et d’un profond sentiment de solitude.

En temps « normal », je me dis souvent que ma semaine commence le jour où je vais jouer ; c’est vraiment le pivot de mon calendrier et le tout s’articule selon un rituel quasi religieux. J’y pense le matin, je me réjouis de la journée qui passe, et, le moment venu, je vérifie l‘état de mon matériel et de mes ressources en eau, et puis j’y vais, certain que cela va me poursuivre jusque dans mes rêves.

Beaucoup d’événements, de circonstances ou même de personnes peuvent ponctuellement vous décevoir, vous trahir ou vous blesser, mais pas ce moment-là. Jamais. Au-delà d’être un sport, c’est un jeu, qui vous ramène à vos 8 ans, à votre insouciance engloutie et aux plaisirs simples.

Presque tous les jours, depuis deux mois, je prends ma raquette, je me place devant un point fixe, je fouette le volant et je vais le chercher sur le sol. Et puis je recommence, 10 fois, 50 fois, 100 fois comme un automate, comme un tigre qui tourne et se retourne dans sa cage, neurasthénique, le regard dans le néant, désorienté. Et puis je remets ma raquette dans l’obscurité.

Alors, il semblerait que les gymnases ouvrent à nouveau leurs portes dans les zones vertes puis oranges, avec des restrictions de bon sens pour les lieux confinés que sont les gymnases. Vous savez quoi ? Je suis prêt à jouer avec un scaphandre s’il le faut.

NB : Le sport que je pratique a été inventé par des… anglais à la fin du 19ème siècle, en référence à une ville du Gloucestershire : Badminton.

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623 – Tout le monde il veut seulement la thune… 15 mai, 2020

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On y est ! Aboule le flouze, fait péter l’oseille, sort ton pognon, t’es prié de toucher au grisbi. Et fissa ! Cela n’a pas traîné n’est-ce pas ? Nos gouvernants, nos magasins non-alimentaires, nos banques et les marchands du temple en tous genres en veulent à notre argent. « Tout le monde il veut seulement la thune. » prophétisait Angèle. « Et puis ah quoi bon… ? »

Ah quoi bon ? Dans les faits, c’est très simple puisque en seulement deux mois, entre 5 et 10 milliards d’euros ont été déposés sur des Livrets A qui ne rémunèrent plus grand chose, c’est dire à quel point cette situation est ubuesque. Nous voilà subitement riches ! Enfin, moins pauvres ? Ou les deux.

Faute de pouvoir dépenser nos deniers dans des brasseries, dans des week-ends, dans des spectacles, dans des accessoires de mode et dans toutes ces futilités indispensables qui obnubilent notre quotidien, notre porte-monnaie a enflé et il suscite de solides convoitises.

Lorsque je pense à toutes ces personnes qui ne sont pas allées au restaurant depuis plus de 2 mois mais qui prétendent toutefois avoir pris du poids, quel délicieuse contradiction… Le fait chez-soi est-il officiellement l’ennemi de la silhouette ? Non mais, c’est ballot tout de même, car, à quelques semaines de faire bronzette, hop !, les bourrelets resurgissent à cause d’un vilain virus contagieux, et tous les efforts hivernaux pour être un(e) athlète sont annihilés.

Ah ! Objection : il sera probablement interdit de lézarder sur sa serviette de plage cet été avec son seyant maillot de bain assorti à son masque, et donc, tout est finalement très cohérent : on peut sereinement affoler son pèse-personne, car qui le remarquera ?

A titre personnel, j’ai tellement peu utilisé ma carte bancaire ces dernières semaines que j’en ai quasiment oublié le code. Fort heureusement, quand j’ai vu que mon litre de gasoil avait diminué de plus de 30 centimes, la mémoire m’est revenue en l’espace de quelques secondes. Sur le coup, j’étais immédiatement consentant pour payer, avec un enthousiasme tout neuf.

C’est assez intéressant de perdre l’habitude de dépenser, de ne pas céder aux tentations, de ne pas être tenté par ce que nos inénarrables experts en marketing identifient comme étant des « achats d’impulsions ». Ah, toutes ces têtes de gondole ignorées pendant 8 semaines, ces îlots promotionnels plus isolés que des îles désertes et toutes ces remises de 70 % remisées dans les réserves des magasins… Tenez bon, on arrive, c’est le premier week-end de déconfinement !

Tirelire

622 – Non mais, du coup, 1 jour, mon prince viendra, hein ? 11 mai, 2020

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Du coup, j’ai un doute, un seul, je ne sais plus si c’est Heidegger ou Louane qui disait : « C’est le jour 1, celui qu’on retient. » Hein ? D’ailleurs, c’est le jour 1+1 puisque nous sommes le 11 mai. C’est assez étrange parce cela fait bien longtemps que je ne me soucie plus du jour qu’il est, alors heureusement que les médias ont copieusement dramatisé et survendu ce lundi 11 mai : je présume que cela fait venir les annonceurs.

Bon, alors, que se passe-t-il concrètement aujourd’hui ? L’incontournable  focus sur des personnes qui portent des masques dans le métro, le coup de ciseau du coiffeur qui a commencé à travailler à minuit 1, décidément, ce 1. 1 jour est-il toujours constitué de 24 heures ? Il semblerait. A titre personnel, je m’étais fixé 1 seul objectif à atteindre d’ici à la fin du confinement : arrêter de dire « du coup » à chaque début de phrase et « hein » à chaque fin de phrase. Je l’admets : j’ai échoué, du coup, faut-il que j’attende un éventuel reconfinement pour y parvenir, hein ? 1 ?

Le 1er jour du reste de notre vie, celui à partir duquel, dans un élan collectif spontané et altruiste, grâce à cette imagination féconde qui irrigue, qui inonde, qui submerge soudainement nos esprits – faut voir ce qu’il pleut aujourd’hui -, nous allons enfin nous « réinventer » et explorer ce « nouveau monde » que l’on nous a tant prophétisé depuis 50 jours, et cette phrase qui n’en finit pas tant elle ne veut pas faire retomber l’intensité unique de ce moment, celui de ce 11 mai. Vous pouvez respirer.

Toi, moi, vous, nous, désormais promus comme étant les aventuriers conquérants de cette nouvelle vie déconfinée, décarbonisée, désinhibée, délivrée, libérée, c’est décidé, je m’en vais… et, du coup, on fait quoi, hein ? Cela ne va pas être si simple de revenir à une vie quasiment normale, en renonçant petit à petit au gel hydroalcoolique généreusement fabriqué par la Maison LVMH, ou par le Groupe Ricard, selon qu’il est l’heure de l’apéro ou pas. Et les masques confectionnés par Lacoste ou par Passionata, c’est déjà fini ? Hum…, c’était bien aussi.

La liberté, c’est vertigineux en fait. Cette période d’emprisonnement est une étrange expérience, et je me demande désormais ce qu’éprouvent réellement les détenus lorsqu’ils sortent de prison, à l’image de ce que Red ou Brooks, fébriles, hésitants, ont ressenti dans « Les Évadés ». La seule évasion que je me suis autorisée durant le confinement fut celle de rêver qu’il en serait différemment. Non mais, du coup, 1 jour, mon prince viendra, hein ?

Ah, un scoop pour conclure ! En effet, une rumeur rigoureusement infondée et frauduleuse prétend que l’immense Juliette Gréco aurait modifié les paroles de sa célèbre chanson « Déshabillez-moi » en une version, disons, plus… moderne :

«

Déconfinez-moi

Déconfinez-moi

Oui, mais pas tout de suite

Pas trop vite

Sachez me protéger

Me rassurer

M’immuniser

Déconfinez-moi

Déconfinez-moi

Mais ne soyez pas comme

Tous les hommes

Trop pressés.

»

Les évadés

621 – On joue au Docteur ? 7 mai, 2020

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Non mais en fait, franchement, lorsque tout sera fichu, lorsque les pandémies se succéderont à elles-mêmes et que le confinement deviendra notre unique mode de vie, quand nous ne devrons choisir qu’entre deux options : le renoncement ou les résolutions, il nous restera heureusement une chose essentielle : la gaudriole. Le désormais célèbre épidémiologiste de sa Gracieuse Majesté, Neil Ferguson, Docteur en Philosophie et en Physique Théorique, nous fait la grâce d’une truculente polémique.

Celui qui a théorisé la « distanciation sociale » en Grande-Bretagne afin d’éviter des centaines de milliers de morts, ce Conseiller officiel de Boris Johnson a tranquillement transgressé la loi en s’accordant un peu de bon temps avec sa maîtresse par deux fois. Effectivement, pendant que les anglais se terraient chez eux, disciplinés, vertueux, sanctionnables, Neil a fait preuve d’une légère « distanciation » avec la règle mais nettement moins avec la prénommée Antonia. Hot stuff. Docteur en « Physique » et en « Physiques » aussi… ? You rock Baby !

Quelque part, c’est assez rassurant. Ce diplômé d’Oxford, spécialiste émérite des Mathématiques appliquées à la Biologie, le profil du premier de la classe ou du gendre idéal, le gars qui doit pouvoir te faire les 6 faces aux Rubik’s Cube en moins de 5 minutes, qui peut probablement te réciter sans sourciller La femme adultère de Federico García Lorca en espagnol dans le texte, ce mec-là se fait choper comme n’importe qui. Non, mais cela donne une dimension différente à ceux que l’on considère comme « intelligents ». C’est encourageant pour nous les autres, les non-diplômés d’Oxford.

En démissionnant de ses fonctions du Comité Scientifique du Gouvernement, il a publiquement déclaré : « J’ai merdé. » Ah mince, ça c’est la transcription ; non, il a dit : « Je reconnais avoir commis une erreur de jugement. » So chic ! Et surtout sympathique pour sa conquête d’être élevée au rang « d’erreur de jugement. » En plus d’être sans travail, Mr Ferguson risque de passer quelques soirées en solo dans quelques semaines. Quelle cochonnerie ce Covid !

Beatles

620 – Les maux me manquent 4 mai, 2020

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Les mots du quotidien sont le reflet de leur époque et même plutôt de leur période tant les événements se succèdent rapidement. C’est stupéfiant de constater à quelle vitesse nous nous approprions des termes désuets ou inconnus, sans s’étonner qu’ils fassent subitement partie de notre vocabulaire, et qu’ils disparaîtront, sans doute, avec le virus…

Ne serait-ce qu’il y a un an, les médias brassaient avec gourmandise du « référendum d’initiative citoyenne », remettaient le « rond-point » au centre du village et réhabilitaient le port d’un vêtement vintage : le « gilet », jaune de préférence. Si l’on remonte au début des années 2000, avec l’émergence du web, le champ sémantique de l’araignée – la toile – ou du monde aquatique – le surf / la navigation – ont durablement colonisé nos conversations.

Alors, que conservera-t-on de ce que l’on nous présente comme « le nouveau monde » dans lequel il est préconisé de nous « réinventer » ? Nous faisons désormais coexister le réseau social avec la « distanciation sociale » composée de « gestes barrière » et d’absence « d’embrassades » qui peuvent générer des « gouttelettes ». C’est joli une gouttelette, non ?

Et que dire du mot « confinement », la vraie star de 2020, et de son versant obscur : le « déconfinement » que même mon correcteur d’orthographe sur Word ne connaissait pas. D‘ailleurs, Word est un peu à l’image de nos gouvernants : ils savent à peu près comment confiner, en revanche, pour déconfiner, la réponse est-elle dans le dictionnaire ?

Au titre des sonorités délectables de cette crise sanitaire, il est inenvisageable de ne pas citer le « pangolin » ainsi que le terme qui monte jusqu’à nos oreilles et bientôt jusqu’à… notre nez : « l’écouvillon ». Pour conclure sur une note positive, je me félicite du fait que des brigades « d’anges-gardiens » sont appelées à nous protéger dans les semaines qui viennent, un mot tellement plus simple à articuler que le « Tocilizumab » ou la controversée « Hydroxychloroquine ». Mon ange…

Gouttelette

619 – Limitato (Confiné en italien) 23 avril, 2020

Posté par stiopka dans : Non classé , 1 commentaire

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Cette photo a été prise il y a exactement un an à Milan. Ou était-ce il y a mille ans ? On prétend souvent qu’une photo vaut mille mots, mais je vais un peu contextualiser cette image. En avril 2019, j’étais à la Fiera, soit un des Salons du Meuble les plus importants du monde. Vous allez peut-être me détester mais je suis allé de 2014 à 2019 sans interruption au mois d’avril à Milan, et ce Salon est probablement un des déplacements professionnels les plus agréables qui soient et que j’attends avec le plus d’impatience.

Alors, juste avant de partir, l’an dernier, j’avais pris le soin de photographier les dates de la prochaine session de la Fiera, celle de 2020. « See you – Arriverderci 21_26.04.2020 ». Alors, effectivement, je devrais être en Italie aujourd’hui. Mais je suis « limitato ». Comme ce mot prend un sens encore plus brutal en italien.

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Je n’y suis pas mais je balance, tant pis, car Go Voyages et Easy Jet ne m’ont toujours pas remboursé mes frais d’hébergement et de transport aérien engagés il y a environ 3 mois, alors, que, globalement, j’ai une vraie raison de ne pas avoir pris l’avion non ? Ce n’est pas de la mauvaise volonté, j’y serais bien allé à Milan en réalité mais : les frontières sont fermées, et cette chère Italie est si durement suppliciée par le virus. Mais bon, Go Voyages et Easy Jet ne doivent pas regarder les infos, il sont beaucoup trop occupés à éconduire les clients qui auraient l’audace de réclamer leur dû.

Concrètement, si je m’y étais réellement rendu, je vous décris une journée type. Après une petite quinzaine de kilomètres à arpenter les allées de ce Salon, c’est un événement très dense en termes d’activité, il eut fallu que j’aille apercevoir le soleil couchant en sirotant un Spritz sur une terrasse joyeuse. Il m’eut été obligatoire de me promener sur la Via Tortona et de constater à quel point cette ville est animée, décorée et esthétisée durant la période de la Fiera, parce que le design gouverne les lieux en maître dans un climat déluré.

Alors, mes pensées vont vers l’Italie, en me disant qu’au-delà de la souffrance des personnes contaminées ou de celles qui sont endeuillées, le Covid-19 s’est attaqué à l’art de vivre, à la fierté, à la culture. Ci vediamo doppo.

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618 – Futurologie – J moins … ? 17 avril, 2020

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C’est le triomphe de l’expertise. Il suffit d’allumer un écran pour constater à quel point ils squattent les tranches d’information. Infectiologues, virologues, épidémiologistes, toute une série de compétences scientifiques dont je ne connaissais pas l’existence il y a 3 mois, et qui, désormais, font partie de la moindre de mes conversations à l’hypermarché. Je vous narre la plus récente : « Non mais t’as vu le Professeur …, son analyse prospective de l’épidémie n’est vraiment pas rassurante, d’autant qu’elle est concomitamment corroborée par le diagnostic inquiétant du Docteur …, spécialiste en sérologie. Ah mince, il n’y a plus de farine, tu sais que me suis fait un masque avec un filtre à café, j’ai l’air d’un gros canard, mais bon… »

Toutes ces personnes qui réfléchissent et qui agissent pour améliorer notre santé, tous ces inconnus jusqu’à présent déconsidérés qui deviennent les stars de l’actualité, enfin, au moins à titre temporaire. On vérifiera quand même après à quel point leur haut niveau de considération est éphémère, lorsque cet épisode de crise sanitaire sera derrière nous.

Les experts en économie sont tellement distrayants eux aussi. On nous explique que le PIB soit la richesse intérieure va chuter de 3 %, puis de 6 %, puis…, on verra. C’est la récession quoi ! On nous décrit également que la dette française va représenter 112 % de la richesse nationale. J’en déduis donc qu’une dette qui augmente sur une richesse qui décroît, c’est plutôt une bonne nouvelle non ? C’est moins grave Docteur ? Même pas sûr.

Non, ce qui est beaucoup plus drôle, ce sont les remèdes. La France déclare, via son Ministre de l‘Économie, que 100 milliards d’Euros seront nécessaires pour remettre l’économie à flot ; je recommande dès lors de le renommer « Ministre de la Dépense ». Puis l’Union Européenne estime que ce ne sont pas moins de 1 000 milliards qu’il faudra réinjecter dans l’économie afin qu’elle ne s’effondre pas. Enfin, Monsieur Plus, celui qui ne peut pas absolument supporter qu’on avance un chiffre plus élevé que le sien, Donald Trump, évalue la potion à 2 000 milliards pour les USA. America First ! Qui dit mieux ? Et le Juste Prix est ?

Je me demande si toutes ces personnes importantes, tous ces VIP qui ont développé tellement de talent et d’intelligence pour atteindre ce niveau de responsabilité, réalisent ce qu’elles affirment en agitant leurs milliards de milliards. Redescendez les gars, revenez vers ceux qui vous ont élu : les gens. Message aux Puissants : nous sommes totalement confinés, mais pas totalement cons.

Enfin, au titre des experts qui a eux seuls mériteraient un blog tout entier, j’ai nommé, les prophètes du « Jour d’Après ». Mouahhh ! J’ai juste envie de m’en bouffer deux ou trois après le petit déjeuner, pour le petit creux de 10.30. Les idéologues du « Tout va changer, vous allez voir ce que vous allez voir ! », les pessimistes, les ésotériques, les néo-anarchistes du 21ème siècle, les écolos branche dure, les intellos à la mine grave, les philosophes des réseaux sociaux, les politiciens et tous les autres qui ne peuvent s’empêcher de donner leur avis sous prétexte qu’un micro et une caméra sont devant eux. On leur fera écouter leurs témoignages dans quelques mois ?

Sur un plan médical, sur un plan macro-économique et sur un plan sociologique, j’ai mille milliards de raisons qu’on ne sait absolument rien, au secours, je suis contaminé !

Boule de cristal

617 – Blob Story 12 avril, 2020

Posté par stiopka dans : Non classé , 1 commentaire

Non mais, en fait, il n’est pas si pertinent que cela de recourir à l’avis de sociologues, de comportementalistes ou de médecins afin de cerner les mécanismes intimes du confinement. Nous connaissons toutes et tous de vrais spécialistes en la matière, des personnes qui, dès janvier 2001, ont offert si généreusement à la science une expérience d’enfermement contraint.

Celles et ceux dont nous devrions écouter les sages paroles se prénomment Loana, Jean-Edouard, Kenza, Aziz ou Philippe, car ils ont participé à l’émission qui allait faire émerger la téléréalité en France, le cultissime Loft Story. Ces pionniers ont quasiment 20 ans d’avance sur nous car le vainqueur de l’émission est resté 10 semaines à l’intérieur du Loft. 2 mois et demi calfeutré : la concordance avec la situation que nous vivons n’est-elle pas flagrante ?

Alors, je le sais bien et j’en ai été également coupable car c’était trop facile, c’était tellement snob à l’époque de se moquer des interactions un peu légères entrevues dans la piscine ou des querelles filmées dans les chambres. Nous les prenions pour des imbéciles, nous commentions sans relâche leur vacuité intellectuelle mais nous les observions copieusement alors ré-ouvrons les yeux !

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Ces héros modestes n’ont pas uniquement cherché à distraire nos longues soirées de l’hiver 2001 ; non, ils étaient en mission : ils ont vécu une situation nous préparant à la crise du Covid 19. Il faut se l’avouer, les faits sont spectaculaires et retentissants, nous n’avions rien perçu. Je m’étonne à quel point les médias, pourtant si prompts à convoquer des experts en tous genres dans les sessions d’information, ne se tournent pas vers les candidats de Loft Story pour décrypter notre quotidien.

Qui mieux que ces avant-gardistes peuvent nous éclairer en toute légitimité des effets concrets de la réclusion à domicile sur notre moral et sur notre capacité à nous projeter dans l’avenir ? Qui mieux que ces défricheurs peuvent nous éclairer sur les conséquences à long terme du confinement sur notre esprit ? Réponse : les lofteurs.

Alors, pour se donner un peu de perspective, pour entrevoir de manière lucide à quel point notre pensée va se renouveler et acquérir un degré de philosophie jamais atteint, il est temps de relire l’oracle et de méditer. L’un d’entre eux, puissant, visionnaire avait déclaré : « Je vis mon quotidien au jour le jour. »

Piscine

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