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647 – Variant 24 juillet, 2021

Posté par stiopka dans : Non classé , 1 commentaire

Cas contact, jour 3.

Cher Journal, j’en sais un peu plus sur les raisons qui me contraignent à ne pas fréquenter mes semblables.

L’isolement, c’est comme le confinement sauf que les autres peuvent vivre quasi normalement. Mon île déserte ressemble à un pavillon entouré d’autres maisons desquelles émanent des parfums de barbecue, des bruits de tondeuse à gazon et des piaillements joyeux issus des piscines gonflables.

Ohé ! Je suis là !

L 452 R. C’est précisément ce qui me maintient à domicile selon le laboratoire. Spontanément, en recevant cette information, j’ai pensé à L 5 – « Toutes les femmes de ta vie », inoubliable – et à L 627, un film des années 90 qui met en lumière la Brigade des Stups. C’est bien rangé dans mon cerveau, non ? Notamment à la lettre « L ».

Sauf que L 452 R identifie avec certitude le variant du Covid de ma fille, et donc mes références auraient du s’inspirer de la Grèce ou de l’Inde, puisqu’il s’agit du variant Delta.

Delta. C’est poétique, un nom de virus, un peu comme ceux que l’on attribue aux tempêtes tropicales et autres joyeuses intempéries comme un ouragan qui passait sur moi…

Au moins, si ma fille avait chopé le variant anglais, je vous aurais mis des paroles des Beatles, des Clash ou d’Oasis, mais là, vous aurez en tête une chanson de princesse…, « l’amour a tout emporté, dévasté nos vies », tu m’étonnes ! Quelle sens de l’anticipation, cette Stéphanie.

Autre sujet, moins musical. Je me suis fait une réflexion qui est soit visionnaire, soit incrédule, et je préférerais la seconde hypothèse.

Je suis allé faire les courses aujourd’hui parce que le frigo ne se remplit pas tout seul et que la pharmacie ne livre pas à domicile. Le risque : une amende puisque je ne suis pas censé sortir. Je suis un délinquant, soit.

Mon scénario à la George Orwell du Val de Marne du  consiste à penser que dans 10 ans, plus ou moins, ce qui est vérifiable à l’heure actuelle sur un papier ou une appli sur la base d’un contrôle sera automatiquement détecté par le Ministère de la Santé.

En gros, là , je suis invisible, pas vu – pas pris, mais à l’avenir, une personne potentiellement contaminatrice sera fichée, identifiée, localisée et empêchée de sortir via un système technologique qui ne doit pas être si complexe à concevoir et d’ailleurs peut-être est-ce déjà le cas.

Restent, à ce stade : les débats sur la morale, sur l’équilibre entre des mesures laxistes ou liberticides, sur le droit de ne pas se faire vacciner et beaucoup d’autres questions de fond que notre beau pays n’a pas fini de se poser, et notamment via des manifestations ou des séances parlementaires nocturnes.

I I I I I I I I I I I I I I I I I

Cher Journal, ne t’inquiète pas pour moi, j’ai fait une petite réserve de bières à l’hypermarché aujourd’hui parce que la promo ne se refusait pas, et que… cela fait passer le temps devant les Jeux Olympiques.

Tout va bien, je chante des chansons des années 80, je vois des « L » un peu partout, j’ai des hallucinations en mode big brother de banlieue, j’ai l’alphabet grec qui s’infuse dans mon esprit, alpha, beta, gamma :

Delta

646 – Contact. Dont acte. 22 juillet, 2021

Posté par stiopka dans : Non classé , 1 commentaire

Cas contact. Day 1.

Bam ! Ça tombe en vertical et en viral. Ma fillette avait une petite fièvre hier et puis une grosse fièvre cette nuit.

Naguère, nous aurions tabassé sa température à grands coups de Doliprane toutes les 6 heures en se disant : « Ça va passer, ça ira nettement mieux demain, c’est juste un petit truc viral qui arrive fréquemment avec l’été. » Et bonne nuit !

Mais ça, c’était avant 2019. De nos jours, en cas de fièvre, on se rend dans une pharmacie pour effectuer un test antigénique et puis on attend le verdict.

« Votre fille est positive ». Mais oui, je sais : elle a toujours le sourire, elle est optimiste, c’est quoi le sujet ?

« Votre fille a le Covid, on va faire un test PCR que l’on enverra au laboratoire pour déterminer la nature du variant. Bonus : vous restez avec nous, Monsieur, on va aussi vous tester. »

Ce qui aurait pu ressembler à une journée « normale » s’est transformé en une interminable litanie de protocoles sanitaires, de doutes, de perspectives d’isolement et de sentiment d’appartenance à la grande tribu des personnes susceptibles de transmettre le virus. I am dangerous !

Après le décidément trop banal : métro – boulot – dodo, j’ai donc testé la : blanche blouse, piquouze, la lose.

I I I I I I I I I I I I I I I I I

Ces 17 petites barres sont autant de jours d’isolement imposés aux cas contact – si j’ai vraiment tout compris – incluant aussi les personnes vaccinées depuis un mois et nanties d’un test antigénique négatif daté du jour. Mais certaines informations sont totalement contradictoires, en évoluant au gré des déclarations des Ministres.

Je pensais pouvoir me distinguer un jour par ma virilité, mais je me retrouve propulsé par ma viralité. Ça se joue à rien en fait.

Les J.O. se profilent, mon marathon a déjà commencé…

Quarantine

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