377- L’École pour tous 21 novembre, 2012
Posté par stiopka dans : Non classé , trackbackChaque année, lorsque j’accompagne ma fille aînée à l’École, je perçois à quel point certains enfants ont une trajectoire radicalement différente de celle d’un élève commun. Et je constate à quel point notre école laïque obligatoire ouvre ses portes à des enfants venus d’ailleurs, qui passent, telles des comètes dans notre système s(c)olaire et puis…. ?
Vous avez, par exemple, ceux que j’imagine être des réfugiés politiques : tchétchènes ou afghans qui déposent leurs enfants sans que ceux-ci ne parlent le moindre mot de français. Les parents ont le visage grave, soucieux et sont en général très pressés.
On les voit à la rentrée de septembre pleurer à chaudes larmes dans cet environnement totalement inconnu, perdus, choqués, loin des repères familiers et dramatiques auxquels ils ont dû être exposés dans leur pays d’origine. Et puis en novembre, ils ont le sourire car les instituteurs sont des magiciens et les maîtresses sont de bonnes fées…
Vous avez également ceux que l’on appelle pudiquement « les gens du voyage », où les petits racontent aux autres qu’ils ne vivent pas dans une maison mais dans une roulotte, ce qui leur confère immédiatement un statut à part, très étrange.
Et puis, il y a ceux qui reviennent ponctuellement, chaque année, à la même période. Ma fille me dit tous les ans, vers le mois d’octobre : « Devine qui est le nouvel élève dans ma classe ? »
« Je sais. » dis-je en toutes circonstances. « C’est Enzo, dont le Cirque s’est posé pour quelques semaines dans la ville d’à côté. » Ce petit garçon a pris pour habitude de faire des saltos arrière dans la cour de récréation devant un parterre d’enfants admiratifs et émerveillés.
Je soupçonne Enzo d’ailleurs, outre l’effet « Jeux Olympiques », d’avoir tellement donné le goût des acrobaties à ma fille qu’elle a insisté pour que nous l’inscrivions cette année à la Gymnastique Rythmique…
Parfois, brutalement, sans explication, en plein milieu d’année, certains de ces enfants partent un soir et ne reviennent pas le matin suivant. Pour la majorité d’entre eux, on ne saura jamais ce qui leur est arrivé…






C’est un peu la magie de l’école…