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641 – Mais qu’est-ce que tu bois Doudou dis-donc ? 9 février, 2021

Posté par stiopka dans : Non classé , ajouter un commentaire

Je bois avec gourmandise les amabilités que l’ex cofondateur du Groupe Oasis, Liam Gallagher, a récemment adressées à Rishi Sunak.

Sir Rishi Sunak, brillant diplômé en Philosophie d’Oxford, n’est rien moins que le Chancelier de l’Échiquier en Angleterre, soit le Ministre des Finances et du Trésor. Joli parcours professionnel.

Mais, hélas pour lui, le Covid a quelque peu déglingué son discernement et a flingué sa lucidité, ce que Liam Gallagher lui a fait gentiment remarquer via un champ lexical issu des meilleurs pubs de Manchester. Démonstration.

Une statistique assez déprimante révèle en effet que plus de 30 % des musiciens professionnels britanniques seraient contraints d’abandonner leur carrière, car la crise sanitaire les empêche de pratiquer leur métier. Cela représente plus de 150 000 personnes tout de même.

Alors, au pays des Beatles, des Cure, de Depeche Mode, de Franz Ferdinand, Queen, Muse et de Massive Attack – je pourrais créer un blog sur la scène musicale britannique – autant dire que cette perspective de mettre des musiciens hors d’état de bruire est très mal perçue.

Et donc Mr Sunak, sur ITV News, a publiquement conseillé à tous ces artistes désœuvrés de se recycler et par conséquent de changer de métier, car la Reine d’Angleterre ne mettra pas un penny de plus pour subventionner la culture musicale en son Royaume.

Je vous décris la scène : « Monsieur Clapton, il y a un job de livreur chez Amazon qui se libère dans la région de Newcastle, vous postulez ? »

Et c’est là que Liam Gallagher, qui n’a rien perdu de sa créativité, rétorqua à Mr Sunak que les musiciens n’avaient aucune envie de changer de métier et de devenir des « massive cunts » comme lui, ce que l’on peut traduire comme des « immenses connards ». So smart Liam, thank you.

Cette industrie musicale qui s’est gavée avec les vinyles puis les CD, puis le peer-to-peer de Napster a ratiboisé ce modèle économique engendrant la hausse des prix des concerts et puis on arrête les concerts pour cause de Covid et puis on se rabat sur le streaming et puis : plus rien ou presque, à part le bouton « Off » sur l’ampli.

Johnny Marr, qui avait fondé les Smiths avec Morrissey, qualifia Mr Sunak de « moron », soit, assez sobrement : « d’abruti ». Ils ont le sens de la formule ces brits.

Alors en guise de conclusion, et comme j’avais commencé ce texte avec du Carlos dans le texte, « Doudou, dis-donc… », je voudrais rendre hommage à la musique britannique sans laquelle toute vie ne vaut pas d’être vécue, avec une sublime chanson des Smiths qui, je n’en ai aucun doute, n’est pas prémonitoire : « I know it’s over. »

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640 – Hyper gagne 6 février, 2021

Posté par stiopka dans : Non classé , ajouter un commentaire

Villiers-en-Bière, Noyelles-Godault, Portet-sur-Garonne. Cela vous évoque quelque chose ? Non ? Ohhh…, quel dommage. Et pourtant, c’est de la pure poésie commerciale. Et Vitrolles, Mundolsheim, Le Pontet, Aulnay-sous-Bois, Claye-Souilly… Toujours pas ?

Dans les faits, ces villes abritent parmi les plus vastes hypermarchés de France, avec pour certains plus de 20 000 m2 dans lesquels on peut trouver au même endroit des petits pois, des assiettes en carton, du cirage, des chaussettes et de l’eau déminéralisée.

Je l’avoue, j’ai toujours été fasciné par les très grands magasins : flâner dans les allées, évaluer la hauteur des têtes de gondole, compter le nombre de caisses et se mettre à un bout de l’allée centrale sans pouvoir en distinguer l’autre extrémité : tant de gens, tant de chariots et cette société d’hyper-consommation dans toute sa démesure, le kif quoi !

OK, je vous l’accorde, ce centre d’intérêt peut paraître assez atypique, mais bon, on s’en parle des glycophiles qui collectionnent les emballages de morceaux de sucre ?

Ce modèle de l’hypermarché inventé par les français qui fut naguère si conquérant – y compris hors de nos frontières – vacille très nettement depuis quelques années, pris en étau entre la redécouverte des commerce de centre-ville… avant 18.00, le drive et le e-commerce.

Et quand on constate que notre Carrefour national est la proie fugitive d’un Couche-Tard Canadien, il y a de quoi aller se mettre au lit.

Les experts ajoutent que nous, les consommateurs, nous avons changé et que nous sommes en quête de « sens » dans le cadre de nos courses.

Les pontes de la consommation prétendent aussi que ce qui pourrait provoquer un « réenchantement » du commerce dans nos hypermarchés repose sur une « expérience d’achat ». Le marketing a aussi sa poésie. Et sa part de pipeau.

Alors, on nous évoque des zones poly-sensorielles, des espaces dédiés au batch cooking qui s’accordent avec notre désir de slow life…

J’ai eu un coiffeur au beau milieu de mon magasin, un sushi shop, un accès illimité à des jeux sur console, et tant d’initiatives étranges et éphémères, je m’attends désormais à ce que s’installent le bowling, la piste de ski et, je l’espère ardemment : un open bar.

Mais arrêtez des fantasmer les cadors en concepts fumeux, car c’est un BOGOF de Nutella qui crée des émeutes dans les rayons. Pour les profanes, un BOGOF signifie « Buy One Get One Free » soit : pour 1 acheté, 1 gratos, je sens que ça vous parle à présent. Nutella, c’est une pâte à tartiner, mais je crois que vous connaissez…

Nutella

639 – C’est relativement moins grave que si c’était moins pire 29 janvier, 2021

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Vous vous y êtes habitués. Moi aussi.

À quoi ? Aux discours alambiqués, aux déclarations formatées pour les médias, aux phrases conçues dans les arrière-cuisines des conseillers en communication qui bricolent une espèce de plateforme sémantique qui ne heurtera personne.

Malgré « la distanciation physique et sociale », on assiste à une « dégradation manifeste » de la situation due à une « forme de relâchement » qui « ne freine pas suffisamment la propagation du virus » et il faut admettre que « le couvre-feu à 18 h. a aujourd’hui une efficacité relative ».

Le drame, c’est que vous avez tout compris. Bonne nouvelle ! Vous êtes officiellement bilingue, avec langue de bois en seconde langue vivante.

Le TOEFL (Test of English as a Foreign Language), c’est bien, mais saviez-vous que, désormais, vous êtes automatiquement diplômé du Test En Uniformisation en Bois, le TEU-B.

Ah, vous l’ignoriez, mais vous êtes TEU-B, en vertu de votre intelligibilité remarquable pour des messages émanant de nos gouvernants. Huge congratulations my friends ! Et pas welcome au variant anglais.

J’ai écouté avec attention les débats sur la prétendue « infantilisation » dont nous ferions collectivement l’objet, c’est partiellement exact. Non, en fait, les politiciens nous servent une autre langue qui prend logiquement sa source dans le « politiquement correct ».

Notre société a capitulé devant cette étrange manière de dire la vérité, et nous acceptons sans moufter cette sorte de tisane au miel qu’on nous sert en guise « d’informations ».

Vous permettez ? Je vais me défouler un peu. Je ne ferai sans doute pas carrière dans la communication gouvernementale et vous pourrez me retirer mon diplôme de TEU-B mais je me lance, sans gants et sans guillemets.

Le Covid – vous me cassez les bonbons avec LA Covid – accélère sa progression malgré la vélocité des scientifiques, malgré la discipline des populations qui en ont ras-le-cul et malgré les bonnes et les mauvaises décisions qui ont été prises depuis un an.

Et donc, à ce stade, « tout confirme que le virus n’a pas baissé d’intensité », et « qu’un confinement très serré » est à l’étude. C’est ça, serrons-nous…

Serrés

638 – Écran d’arrêt 21 janvier, 2021

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Non mais franchement, en tant que parents, c’est de plus en plus difficile de comprendre nos jeunes. Explication.

Revenons deux ans en arrière. À cette époque, notre discours d’adulte adressé à nos enfants ressemblait peu ou prou à cela : « Peux-tu s’il te plaît diminuer ton addiction aux écrans ? »

En effet, en ces périodes si lointaines pendant lesquelles notre quotidien n’était pas contrarié par un virus, la journée type d’un étudiant consistait à passer d’un téléphone pour tchatter à une tablette pour regarder une série entrecoupée de réponses à des messages sur le smartphone et retour à la suite et fin de la saison 4 de Stranger Things.

« Non mais déconnecte un peu, on est là, nous aussi. »

Pfff, les gens qui sont nés avant l’an 2000 ne comprennent pas que la vraie vie est strictement : digitale. En ligne, on discute, on commente les dernières rumeurs, on achète / on vend, on fait des jeux, on drague, on invente des chorégraphies et on entretient ce lien communautaire tellement fort derrière son écran.

C’est sûr que nous, quadras et quinquas, on préfère aller au restaurant, faire un barbecue, suinter dans une salle de sport, boire des canons avec ses poteaux, des trucs de vieux dans la vraie vie.

Soit. Et quel est le sujet qui monte dans la société, qui préoccupe parents et enfants, qui témoigne d’une grande détresse psychologique des étudiants privés de leurs bancs à l’Université ? L’absence de contacts, d’interactions physiques, de partage d’émotions, de liens tactiles… ; trop d’écrans, c’est une punition !

Et les médias nous présentent ces jeunes personnes qui sombrent dans la dépression car la vie exclusive en ligne est devenue une souffrance tellement puissante qu’elle annihile toute volonté d’apprendre, d’écouter et de se projeter dans l’avenir. Juste rester en pyjama et dormir, le reste : wtf.

Alors, c’est un sujet beaucoup trop sérieux pour en sourire, mais entendre à la radio ces étudiants qui rêvent juste d’aller à la Fac pour suivre des cours avec d’autres personnes tout aussi motivées, c’est très surprenant et relève d’une réalité beaucoup plus grave et nettement plus complexe.

Quitte à laisser son téléphone dans sa poche, quitte à laisser passer un wagonnet de notifications sans réponse, quitte à ne pas surréagir à une polémique portant sur une influenceuse lambda, quitte à se parler en face à face, sans l’aide de la technologie, comme les personnes nées au 20ème siècle.

Je sens que les jeunes vont prendre un petit coup de vieux…

Âme vide

637 – Lost in the supermarket 16 janvier, 2021

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Devinette : que faites-vous de manière identique depuis 30 ans ? Et probablement vos parents procédaient de la même manière ?

Qu’est-ce qui reste inamovible dans votre vie quotidienne et qui va probablement perdurer quelques années encore, en dépit du règne progressif et annoncé de la sphère digitale et… des virus ?

Une idée ?

Je vous plante le décor. Prendre sa voiture, être bloqué dans des embouteillages urbains, chercher une place dans un parking bondé en subissant la mauvaise foi des automobilistes, qui, je cite : « ont vu la place avant vous » et pousser son chariot entre des centaines de personnes qui vous frôlent, vous précèdent dans la file d’attente et vous toisent avec indifférence.

Des inventeurs ont eu le temps de créer des drones, Loft Story, les lingettes imprégnées, Tik Tok ou la pizza à l’ananas mais quel génie s’est proposé pour modifier ce qui nous semble si fastidieux depuis si longtemps ?

Rêvons un peu : plus de bouchons, plus d’attente, plus de circonstances de rencontre avec les cow-boys de la marche arrière et du créneau au forcing. On en ferait des trucs sympas à la place, non ?

Avec le couvre-feu à 18.00 pendant 2 semaines, je prédis que ces savoureuses petites tranches de vie vont se multiplier et renforcer notre bonne humeur, notre amour de « l’autre » et notre humanisme masqué.

Mais quel politicien éclairé va nous créer un Ministère du bien-être, des solutions confortables et de la qualité de vie ?

En fait, je vous raconte des craques, j’avais juste envie d’écouter une chanson des Clash.

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636 – L’homme à la tête de con 9 janvier, 2021

Posté par stiopka dans : Non classé , 2 commentaires

Serge Gainsbourg avait écrit « L’homme à la tête de chou », moitié légume, moitié mec, et le génie de cet auteur perdurera au-delà de toutes les pandémies.

Mais aurait-il été inspiré par « L’homme à la tête de con », moitié bison, moitié demeuré. Pardon pour les bisons, c’est offensant.

Jake A. Cet individu qui, à 32 ans, tarde vraiment à sortir de l’adolescence et a encore des réflexes de teenager totalement intacts : égocentrique, frondeur, victimisé par le monde des adultes, impatient d’exister aux yeux du monde, immature, certain de tout connaître sur tout…

Ah, les sales mômes… Vous avez des ados : vous me comprendrez probablement.

Sauf que. Ce sombre crétin de Jake A. a troqué son acné et ses indignations juvéniles contre des thèses conspirationnistes, racistes et antisémites et là, ça rigole moins que la Génération « Wesh wesh » qui se trémousse sur Tik Tok.

Ah, il est sémillant avec ses cornes de bison ou de viking, on a du mal à évaluer la qualité de ses références philosophiques.

Son 1/4 d’heure de gloire est arrivé, face à la caméra, il va enfin devenir la starlette des réseaux sociaux et il va pouvoir toucher des royalties de YouTube à chaque fois que des millions de personnes chercheront à l’écouter, et j’en fais partie puisque je suis allé visionner un de ces discours. Cela dit, faites un détour, c’est à gerber.

C’est bon Jake, ouvre les yeux car 5 personnes sont mortes au Capitole, tu as ridiculisé ton pays, tu vas atteindre le statut de « Chief Beauf » pour le reste de tes jours et tu n’iras pas plus loin parce que tes ressources mentales sont limitées.

Tu n’iras pas plus loin parce que ton pays, ton système démocratique, ta Constitution et les fondements de la civilisation qui t’ont vu naître sont plus forts que ton coup de force à deux cents, et les écervelés bedonnants à casquette qui t’accompagnaient dans ta conquête de carnaval ne valent pas mieux.

Non mais vous croyez quoi les mecs ? Vous attaquez le Parlement et vous prenez le pouvoir ? Et vous en faites quoi ?

Dans toutes les démocraties, il existe toujours une légende urbaine qui prétend que 100 hommes bien entraînés et bien organisés peuvent neutraliser les Présidents en place et prendre les commandes d’un pays.

Mouais, mais pas Jake ni les autres sinistres baltringues qui ne sont entraînés qu’à la haine, qui ne sont galvanisés que par des pulsions sordides et misanthropes et qui n’ont aucune conscience de leur indigence et de leur niveau d’imbécillité.

Un bison pas futé n’a aucune direction et ne va nulle part. C’est chez toi nulle part : restes-y.

J. Angeli

635 – Des lettres et des chiffres 6 janvier, 2021

Posté par stiopka dans : Non classé , ajouter un commentaire

2021.

F5, une lettre, un chiffre. J’appuie frénétiquement sur F5 depuis le 1er janvier et rien ne se rafraîchit.

Le calendrier s’étire et ne change pas réellement depuis l’an dernier. Une météo pénible, un climat politique fatigant, un virus qui s’enracine, qui s’enlise. Et bonne année !

Sur le plan sémantique, ouvrez vos oreilles, on est en plein « X ». Qu’est c’est qu’ça ? Ks Ks… « Vaccin, accélérer, insuccès, inaccessible, inacceptable, accentuer ». J’accuse ! Ks Ks…

J’ai du temps en ce moment : en effet, les recruteurs n’ont pas totalement remarqué mon génie, alors… je me suis intéressé à la symbolique du 21. J’ai notamment pris conscience que nous sommes dans la 21ème année du 21ème siècle ! C’est chic non ?

Comme l’année 2020 ne nous a pas apporté son lot de félicité et d’allégresse, je suis allé nonchalamment regarder si les siècles précédents nous ont offert des années en 21 de meilleur augure.

Disons de que -21 avant J.C. et jusqu’à 1721, je n’ai rien trouvé de significativement intéressant ou des bricoles, comme, en 1421, quand Pékin est devenue la capitale de la Chine en lieu et place de Nankin. Le nankin moyen est devenu le pékin moyen.

En 1821 sont nés Gustave Flaubert, Charles Baudelaire et Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski, dont « Le Joueur » établit des connexions (Ks Ks…) secrètes avec le 21 du Black Jack et le 21 d’atout du Tarot, un oudler bien pratique, ce vingt-et-un, pour aller au bout de son contrat.

J’observe également que, si Flaubert avait joué au badminton, il aurait fallu qu’il marque au moins 21 points pour être déclaré vainqueur. Je revendique la création de la seule phrase du monde incluant simultanément les termes « Flaubert » et « badminton ». Copyright Stioplaviedesautres.

A présent, je vais vous donner une vraie raison d’être guilleret : c’est en 1921 que le B.C.G. a été développé pour enrayer les ravages de la tuberculose. Il n’existe aucun vaccin contre l’espoir.

Il n’existe aucun vaccin contre la mélancolie non plus, car, me concernant, l’année 1921 est celle qui a vu naître, un 8 octobre, à Dundee, en Écosse, ma grand-mère, Winnie, et en ce début d’année 2021, c’est à toi que je pense. I miss you Gran.

21

634 – Noël en intraveineuse 25 décembre, 2020

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« Y’en a qui disent que. » À propos, vous me rappellerez de reverser mes droits d’auteur à Sophia dans quelques années. Contexte.

Après la venue orchestrée, sublimée et métaphysique du Père Noël est survenue la terrible formulation d’un doute : « Y’en a qui disent que… » Les rationalistes, les ultra-lucides, les blasés du système, les fatigants de la cour de récré, tout ceux-là disent que le Père Noël n’existe pas.

Et là, en tant que parents, nous avons rassuré notre enfant en nous enfonçant dans un mensonge connivent que l’on appelle courtoisement : la Magie de Noël. « Quoi ? (Indignés) Et où est la carotte destinée au renne ? Et notre cheminée partiellement chamboulée ? Et ces bruits étranges sur le toit ? »

Hop ! Situation retournée, et il est temps de dormir, non ? Le temps présent reprend ses droits : se laver les dents, mettre son pyjama et s’emmitoufler de rêves dans lesquels un bonhomme bedonnant habillé en rouge vient déposer des cadeaux sous le sapin, après un long voyage en traîneau.

Y’en a qui pourraient dire que maquiller la vérité est un acte salutaire et précieux quand d’autres pourraient prétendre que, lorsque le sapin reste subitement seul dans la nuit alors qu’il fut le récent théâtre d’un miracle, c’est la déprime qui s’installe.

Alors, faut-il se bercer d’illusions en permanence afin d’éviter de se confronter à son quotidien ? Le Père Noël a-t-il eu la clairvoyance de ramener avec lui le virus dans sa hotte ? Faut-il préférer les drogues hallucinogènes à la piqûre du réel ? Quel est le meilleur vaccin ? Y’en a qui disent que…

Vaccine

633 – En vain 16 décembre, 2020

Posté par stiopka dans : Non classé , 2 commentaires

Avant, après, tout se mélange, tout se confond dans une seule et même incertitude.

Était-ce mieux avant, reproduira-t-on les erreurs du passé ? Quel espace pour le progrès ? La boussole ne mène nulle part.

Nous sommes usés, nous sommes nécrosés par la lassitude de cette existence figée qui alterne entre enfermement et hypothèse de liberté retrouvée.

Le virus est là, il circule, il nous nargue, il congèle notre optimisme et attend son heure pour se relancer vigoureusement entre le 24 et le 31 décembre. C’est bientôt sa fête.

Le 1er janvier 2021 sera un vendredi, jour qui succède à un jeudi, rien à signaler, il faut cesser de croire que 2021 est un chiffre magique.

Le temps s’est ralenti, s’est dilaté ; cette année 2020 semble plus lourde, elle pèse au moins dix ans. La science fiction, c’est quand même : le confinement à l’heure du dîner.

Ne perdez pas patience, j’y viens au futur. Il a six mois, nous chantions les louanges du « monde d’après » avec une lumière brillante dans nos yeux et les balbutiements émouvants d’une ère solidaire, festive, respectueuse, conquérante, décarbonée.

Aujourd’hui, les médias évoquent la détresse psychologique d’un nombre croissant de personnes et des conséquences que cela aura à long terme. Pas de vaccin en test pour ce type de tourments ?

Nécrosée, névrosée, c’est décidé je m’en vais ! OK la Reine des Neiges, mais n’oublie pas de revenir avant 20.00. 20.00 en 2020, facile à retenir. 2000 20, ça fonctionne dans tous les sens.

Mais je m’égare… Donc, il me semble que notre sémantique a évolué et s’est subtilement étiolée. Cela se traduit notamment dans la manière avec laquelle nous formulons notre désir de changement. Je vais illustrer ce point de vue.

Inavouable de ma part, mais tant pis, je vous le révèle, parmi mes nombreux vices, j’ai une passion secrète (qui ne l’est plus maintenant) pour le futur antérieur. Révision.

« Le futur antérieur exprime une action qui sera achevée dans le futur avant une autre action elle-même dans le futur. » J’adore !

Exemple : Il sera serein lorsqu’on lui aura injecté le vaccin. Ahh, mais il refuse de se faire vacciner, comme la moitié des français. Zut, mauvais exemple… « Aura injecté » : futur antérieur. Cela va se faire à coup sûr. Ou pas.

Et donc, ce qui a changé dans notre rapport au monde d’après ressemblerait à cela. Post Confinement 1 : ça va être tellement formidable cette nouvelle étape de notre civilisation !

Post Confinement 2 : je me demande comment nous aurons tiré bénéfice de cette période ; êtes-vous certain, quand nous serons tous immunisés, que nous aurons acquis le droit à une vie plus heureuse ?

En vain. Deux mille vains…

2020

632 – Du toboggan sur un arc-en-ciel 7 décembre, 2020

Posté par stiopka dans : Non classé , 3 commentaires

J’aimerais tellement consacrer plus de temps à ce blog, mais je suis rattrapé par des exigences « essentielles ».

Nous sommes gouvernés par « l’essentiel » et ce qui ne l’est pas. Je me rends compte que se distraire est essentiel mais que les contraintes sanitaires nous empêchent de nous adonner à la majorité de nos loisirs. Je ne juge pas, les décisions ne sont pas faciles à prendre, elles comportent leur lot d’inepties et de bon sens.

Journée type « essentielle » de janvier 2017 : ski, restaurant d’altitude, ski, dîner entre copains, bowling. Vous avez l’image ?

Comme les conséquences de la Covid ont balayé mon entreprise, mon essentiel quotidien consiste à écrire des lettres de motivation en réponse à des opportunités d’emploi. Il faut avoir l’esprit léger pour écrire des choses légères, un blog par exemple…, mais dans les faits toute mon attention est focalisée sur « Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sincères salutations ».

Cette formule de politesse compassée que l’on pourrait croire issue du 18ème siècle fait la connaissance des algorithmes de Google et de sa dictature des mots clés.

- « Sincères salutations, Monsieur Google. »

- « Wesh Bro, tu n’existes pas avec ton langage d’il y a 300 ans, alors optimise ton SEO et on s’en reparle. »

Soit. Ça pique, non ?

Initialement, je n’avais rien à écrire en ce lundi nuageux, sauf, évidemment, une pile de candidatures. Mais j’ai eu la chance, hier, de trouver une source d’inspiration inépuisable en la personne de ma Sophia qui a 6 ans, dont « l’essentiel » est de se concentrer sur ses rêves, sur ses émotions et sur les désirs qu’elle croit possibles.

Alors, je lui ai demandé hier, de me révéler quel est son souhait le plus important. Sans hésiter une seconde, elle me répondit : « Faire du toboggan sur un arc-en-ciel. »

Essentiel.

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