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631 – Foule sentimentale 17 novembre, 2020

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« Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j’entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi

Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne… »

Je vais faire appel à vos meilleurs souvenirs, et on va tous passer une très bonne journée.

A défaut d’être connectés les uns aux autres à distance, je vous propose de vous reconnecter pendant quelques secondes à un bon moment pendant lequel vous étiez entourés de proches ou d’inconnus.

A titre personnel, je me rappelle du but de David Trézéguet un 2 juillet 2000, j’étais dans un bar rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, dans mon QG du Bombardier avec quelques lascars de ma connaissance plus quelques centaines d’anonymes. Lorsque le ballon est entré dans la cage, la Terre s’est soulevée autour de moi dans un fracas de hurlements, de chaises volantes et… de bière.

Voulez-vous que je vous raconte le concert de Skunk Anansie, en 2003, quand Skin a commencé sa set list par le monumental Charly Big Potatoe et que tout le public a voulu monter sur scène en même temps, électrisé, suffoquant, mais ensemble.

Je me souviens de la chaleur des coulisses avant de monter sur scène lorsque je jouais Bob, Fatus ou Sanson avec ma troupe de théâtre amateur, et de spectateurs serrés, heureux, unis.

Et tant d’autres…

Oublions un instant la distanciation sociale, racontez-moi une anecdote.

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630 – Lumières 16 novembre, 2020

Posté par stiopka dans : Non classé , 1 commentaire

Quelle étrange période. Nous sommes contraints de rester chez nous, nos déplacements sont restreints, nous sommes contrôlés, nos actes sont verbalisés lorsqu’ils ne sont pas autorisés, nous sommes constamment suspectés d’imprudence et les libertés que nos aînés ont si chèrement acquises sont devenues étriquées.

Alors, imaginons que les philosophes du 18ème siècle se réveillent d’un long sommeil. Montesquieu, Rousseau, Diderot, Voltaire ouvrent les yeux et se disent que c’est une dictature qui s’est installée sur la France en 2020, ou plutôt une Monarchie Absolue selon leurs critères.

Bonus : le moindre de nos gestes est surveillé par les géants du web , et ça, c’est un sujet dont les grands penseurs des Lumières auraient pu s’emparer afin d’en décrire les dangers ou d’en imaginer les dérives.

Non seulement nous restons chez nous mais en plus nous acceptons volontiers de vendre notre intimité aux e-commerçants. Enfermés et espionnés. Sur nos écrans, nous cherchons la lumière au terme de laquelle se dresse le « Black » Friday. Encore du noir ?

On nous observe et les GAFA ne sont pas les seuls. Allez, avouez, lorsque vous voyez quelqu’un dans la rue qui ne porte pas un masque ou qui s’approche à moins d’un mètre de vous, je présume vous êtes enclin à lui rappeler la loi, à ce délinquant. « Non mais oh, y’a des règles, là ! »

De là à considérer que c’est l’époque qui nous influence et non l’inverse.

Les « Lumières » ne nous guident-elles plus ?

Lumière Noire

629 – Y’en a marre (de café) 10 novembre, 2020

Posté par stiopka dans : Non classé , ajouter un commentaire

Autant l’avouer en préambule : je me suis trompé. Contrairement à ce que j’écrivais la semaine dernière, notre humanité a moins besoin d’humilité que d’une substance encore plus importante : du café. Je vous mets au défi de vous priver de café pendant 3 mois, rien que d’y songer, j’en ai des frissons.

Désolé, le virus a muté et il s’est attaqué aux caféiers, les plantes sont pourries ou contaminées, interdit de récolter. D’ici à ce qu’une chauve-souris un peu patraque grignote en partie une graine de café vérolée et la laisse négligemment tomber sur le sol, c’est tellement étourdi une chauve-souris… Un pangolin qui baguenaudait passe par là, il a la dalle et il mange le reste de graine infectée. Nooooooon !

Pauvres de nous, un chef cuistot en mal d’inspiration capture le pangolin et prend la décision de nous préparer sa meilleure recette de pangolin à la sauce Sichuan, et on est repartis pour un tour. Mais sans café.

J’imagine la guérilla dans l’hypermarché, les rayons défoncés, tous obligés de nous rabattre sur de la chicorée : l’extase ! Je vais me boire une chicorée avant de mettre mes charentaises, ça swingue, non ? Plus de pousse-café non plus, c’est la ruine assurée pour le calva, le rhum arrangé et le cognac.

Et plus de Cola non plus, la caféine nous manque comme de l’héroïne. Résumons : noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir ? Après avoir plagié Nabila, je me mets à citer du Johnny, je ne vais pas mieux, je crois que c’est désormais une certitude.

Et pourtant, de l’espoir, nous en avons énormément ! Mais oui, puisque Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont annoncé hier que le vaccin qu’ils ont créé est quasiment fiable, il ne demeure que quelques bricoles à régler et tout le monde pourra se claquer des bises, se serrer dans les bras, se…

Se…, enfin vous voyez quoi. Non, parce qu’il ne vous aura pas échappé que les Laboratoires Pfizer sont ceux qui, en 1996, ont breveté le Viagra. Et justement, hier, on nous expliquait dans tous les médias qu’il fallait vérifier les… effets secondaires du vaccin anti-Covid. Au final, ça pourrait quand même être sacrément joyeux cette vaccination, je connais deux ou trois lascars qui pourraient d’ores et déjà se mettre sur liste d’attente.

Attendez, signe précurseur, ce sont bien les « bourses » qui ont réagi favorablement hier en s’offrant des hausses spectaculaires…

Coffee powder burst from coffee bean

628 – À tour et à travers 1 novembre, 2020

Posté par stiopka dans : Non classé , 2 commentaires

J’ai grandi à l’ombre portée des tours de La Défense. C’était mon Manhattan à moi, mon accessible terre de conquête, de découverte et de distractions. Combien ai-je vu de bâtiments s’élever au fil des années ? Plusieurs dizaines. J’étais réellement admiratif, limite patriote.

Le vertige immobilier comme symbole du pouvoir : plus haut, plus imposant, plus dominateur. Plus immodeste ? « Sky is the limit. » Qui a osé gratter le ciel se fracasse aujourd’hui dans un silence inquiétant, voire même indifférent.

Le télétravail pour tous, le virus qui circule, le rejet du béton, l’envie d’espace, de nature. La Nature a brutalement rappelé le fait que c’est Elle qui décide. « Défense » de sortir. Désormais, les courants d’air peuvent négligemment folâtrer entre les blocs massifs et hautains de La Défense sans rencontrer de résistance.

Ces immenses tours d’ivoire avaient une assise en argile, mais je l’ignorais. Et probablement n’étais-je pas le seul ?

Ce n’est pas la première fois que je me fais cette réflexion mais ce que nous enseigne d’abord cette pandémie, c’est que nous manquons d’humilité. Et cela nous pénalise davantage que l’absence concrète de vraies solutions.

Nous nous sommes vraisemblablement trompés en imaginant que la prospérité pérenne de notre civilisation devait à tout prix passer par son extension formidable et spectaculaire car c’est exactement le message que ceux que nous portons au Pouvoir propagent afin de se faire élire.

Et au fond, c’est compréhensible : comment faire pour motiver des électeurs si on leur vend un projet mesuré, frugal et moins ambitieux que ce que le Progrès est censé générer comme confort, comme emplois nouveaux et comme puissance ? Comme inégalités aussi.

Regardez Donald J. Trump, le cador de l’immobilier à Manhattan qui possède une Tour à son nom : il se contrefout des pauvres, des minorités, des précaires, de la capacité des personnes à se soigner dignement, du climat qui se dégrade et même de la Covid mais il se pourrait qu’il rempile pour le Top Job de la Maison Blanche, nom de code : POTUS.

Je ne suis pas militant, je m’interroge ; j’ai entendu à la radio que la principale question qui obsède notre Chef de l’État, notre Élu, est celle de « l’acceptation » des contraintes auxquelles il nous soumet en période de confinement. Vivre libres, ou mourir ?

Monsieur le Président : bonne lecture.

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627 – Non mais à l’eau, quoi ! 15 octobre, 2020

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J’ai une idée. Ce soir, je vais vous préparer ma spécialité : le ragoût de pangolin à la chauve-souris. D’aucuns disent que c’est vraiment une recette de malade !

Et j’entends les soiffards me dire : et qu’est-ce qu’on boit ? Du gel hydroalcoolique, millésime mars 2020, Covid premier cru. C’est ma tournée !

Je rectifie : je vais cuisiner pour le goûter puisque vous devrez être rentrés pour 21.00. Choco BN et Pépitos pour le dessert.

La pandémie nous ramène à des choses simples : le repli chez soi devant le JT de 20.00 et puis on regarde « The Masked Singer » ; quitte à voir des gens masqués, autant que ce soit ludique. Une alternative : « On se fait un Uno ce soir ?  » Mieux encore, un Docteur Maboul ! ; virus, méfie-toi…

Ou alors, ce sera le dodo après le boulot. Ah oui, parlons-en justement. Les conséquences de la Covid ont favorisé la liquidation de mon entreprise ; je comprends mieux la notion de « deuxième vague » désormais, car mon job a été englouti.

Avec le gel, la liquidation et la vague, je constate que la sémantique de la Covid est très aqueuse, non mais à l’eau quoi ! Pour être très sincère, je ne prévoyais pas de me référer un jour à une maxime de Nabila, c’est dire là où j’en suis rendu.

Alors, je n’invente rien, pour endiguer la vague, on met en place un « couvre-feu ». Habituellement, c’est l’eau qui éteint les incendies, non ?

Et quand on couvre le feu, à terme, ne reste-t-il que des cendres ?

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626 – Le tour d’immonde 27 juin, 2020

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C’était mieux avant ? Eh bien, non. C’est mieux en ce moment ? Pas davantage. Ce sera mieux demain. Probablement : non. Nous pouvons tous considérer ce que nous avons perdu depuis que le virus est entré dans notre quotidien, mais je vous mets au défi de déterminer ce que nous avons gagné.

Cet espèce d’entre-deux flouté, cet espace indéchiffrable qui se situe environ entre le monde d’avant et celui d’après, c’est pénible, c’est lancinant. Entre ceux qui ont la nostalgie de leur liberté perdue et ceux qui se languissent des progrès qui tardent à venir, il me semble que nous régressons.

Quels enseignements allons-nous tirer de cette crise sanitaire ? Par ailleurs, elle est loin d’être terminée cette funeste période, si l’on considère à quel point le virus progresse aux États-Unis, au Brésil, en Russie et dans tant d’autres zones de notre globe.  Pékin, allo quoi ? 21 millions de personnes sous surveillance.

Le virus fait le tour du monde sans prendre l’avion ; il n’y a plus d’avions : il est malin. Réjouissons-nous, notre époque nous a propulsé dans les livres d’Histoire, et nos arrière-arrière-arrière petits enfants commenteront dans une cinquantaine d’année cette étrange année 2020. On retourne en « arrière » effectivement.

Cela me fait de la peine de percevoir les rêves brisés de ceux qui croyaient tant aux lendemains merveilleux faits d’écologie, de fraternité, de générosité et de prévention de ce que nous avons de plus cher : nous-mêmes, les autres. Le monde d’après semble encore pire finalement, car il  va falloir cohabiter avec la menace de vivre avec Covid jusqu’à ce que l’on trouve un vaccin, pour considérer finalement que le virus a muté, et on y retourne…

Pendant ce temps, qu’est-ce que notre brillante civilisation va faire ? Après avoir dénombré le nombre de lits vacants dans les hôpitaux, le nombre de malades, le nombre de personnes en réanimation, etc, nous allons tôt ou tard être les spectateurs médusés du nombre de faillites d’entreprises, du nombre de demandeurs d’emploi et du nombre personnes déclassées.

En toute franchise, et même si le déconfinement fait un bien fou, êtes-vous transportés de joie en ce moment ? Avez-vous le sentiment de vous tourner vers l’avenir avec allégresse ? Le goût de la bière en terrasse, servie par un garçon portant un masque, est-il meilleur ?

Le gymnase fractionné en zones délimitées, les vestiaires et tribunes condamnés et les pratiques sportives entravées par des règles sanitaires, ça vous motive ? Les atermoiements des gouvernants face à une situation que personne ne maîtrise et pour laquelle les décisions, mêmes prises avec bon sens, se heurtent à une réalité qui nous dépasse : rassurés ?

Ni le monde d’avant, ni le monde d’après, ni le monde de maintenant. L’immonde.

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625 – Drapeau rouge noir sang 9 juin, 2020

Posté par stiopka dans : Non classé , 1 commentaire

Ce nouveau monde est désespérément vieux, poussiéreux, dépigmenté, et ne cesse de retourner la tourbe nauséabonde des décennies précédentes. N’en déplaise aux croyants, aux militants du bonheur ou aux utopistes, il me semble que l’humanité ne poursuit pas un projet de bien-être.

Nous allons juste continuer tranquillement à faire ce que nous savons faire de mieux : augmenter notre confort, passer outre l’essentiel, discriminer s’il le faut, inventer de nouvelles méthodes d’exclusion ou de « distanciation », détruire pour reconstruire, et, dans la majorité des cas, y aller en force. La douceur ne coule pas dans nos gênes.

Je fais partie du même troupeau, je ne vaux pas mieux que les autres, je participe, probablement, à cet élan égoïste qui nous projette vers l’avant en poursuivant un chemin invisible, mais tracé.

Qu’est-ce qui anime les médias aujourd’hui, à présent que le Covid semble avoir cédé la vedette à d’autres sujets, du moins en France ? Il suffit d’allumer une radio pour entendre quoi ? Des relents de racisme, de brutalité, d’équité non acquise et un ressenti au goût amer.

Ce goût dégueulasse que doivent régurgiter, avant de mourir, les animaux vivant en Sibérie Arctique, territoire sur lequel 21 000 tonnes de diesel se sont récemment déversées sur un sol gelé. Visible depuis l’espace, cela constitue modestement, pour les experts, je les cite : « un désastre écologique. » Les rivières se rougissent d’hydrocarbures, ça carbure, et personne de rougit.

Avions-nous oublié que la couleur de peau et la préservation des espaces naturels étaient encore des enjeux majeurs, simultanément au combat contre le virus ? Nous étions dans  le déni sans doute : nous regardions ailleurs, pendant que la Covid prenait toute la place sur les chaînes de télévision ?

Ah oui, c’est vrai, on doit dire « la Covid » selon les linguistes, c’est un terme tellement distingué qu’il se doit d’être féminin, comme la pandémie, ça va plaire aux féministes, on n’a jamais assez d’ennemis… Mais que fait la Police ?

Elle proteste aussi puisque l’Agent de Police des Village People, Victor Willis, a demandé à Donald Trump de ne plus utiliser « YMCA » et « Macho Man » dans ses meetings après que le Président a menacé de déployer l’armée face aux manifestants contre le racisme.

Quelle absence de goût Macho macho man, aurais-tu attrapé la Covid ?

 Floyd

624 – No Churchill 29 mai, 2020

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Un jour, dans quelques mois, des sondages et des enquêtes d’opinion se relaieront pour nous demander : « Qu’est-ce qui vous a manqué le plus durant le confinement ? » Les restaurants, les musées, les voyages, les concerts, le cinéma, les Jeux Olympiques, les boîtes de nuit… ? Et vous ?

Naguère, Sir Winston Churchill avait une réponse concernant la raison pour laquelle il était encore aussi vaillant à 80 ans : « No sport ». Wrong ! Au risque de créer un incident diplomatique avec le Royaume-Uni, j’ai réellement envie de dire que, sur ce point précis, ce grand homme d’État avait rigoureusement tout faux. Après le barnum que fut le Brexit, qu’est-ce que l’on risque avec nos voisins d’outre-Manche ? Je le tacle et d’ailleurs les anglais ont inventé le football et le rugby…, quel paradoxe, non ?

Tout le monde n’a pas cette chance, mais, il y a plus de 20 ans, j’ai rencontré mon sport. Mon sport, celui qui allait me hisser vers des sommets d’allégresse, qui allait me permettre de rencontrer des génies capables de disséquer un amorti croisé de revers pendant une heure, ce sport qui allait donner à mon existence un sentiment de légèreté, de bien-être et même d’émerveillement parfois.

Alors cette période de « no sport » liée au confinement est un supplice, Mr Churchill. Je vous prie de croire, en outre, que je ne clame pas mon désespoir pour attirer l’attention sur moi ; je me fais seulement l’écho de nombreux témoignages de déprime de sportifs sevrés de leur oxygène. Pour toutes ces personnes en perdition habitées par leur passion et orphelines, il s’agit bien d’un abandon brutal, d’une privation imméritée et d’un profond sentiment de solitude.

En temps « normal », je me dis souvent que ma semaine commence le jour où je vais jouer ; c’est vraiment le pivot de mon calendrier et le tout s’articule selon un rituel quasi religieux. J’y pense le matin, je me réjouis de la journée qui passe, et, le moment venu, je vérifie l‘état de mon matériel et de mes ressources en eau, et puis j’y vais, certain que cela va me poursuivre jusque dans mes rêves.

Beaucoup d’événements, de circonstances ou même de personnes peuvent ponctuellement vous décevoir, vous trahir ou vous blesser, mais pas ce moment-là. Jamais. Au-delà d’être un sport, c’est un jeu, qui vous ramène à vos 8 ans, à votre insouciance engloutie et aux plaisirs simples.

Presque tous les jours, depuis deux mois, je prends ma raquette, je me place devant un point fixe, je fouette le volant et je vais le chercher sur le sol. Et puis je recommence, 10 fois, 50 fois, 100 fois comme un automate, comme un tigre qui tourne et se retourne dans sa cage, neurasthénique, le regard dans le néant, désorienté. Et puis je remets ma raquette dans l’obscurité.

Alors, il semblerait que les gymnases ouvrent à nouveau leurs portes dans les zones vertes puis oranges, avec des restrictions de bon sens pour les lieux confinés que sont les gymnases. Vous savez quoi ? Je suis prêt à jouer avec un scaphandre s’il le faut.

NB : Le sport que je pratique a été inventé par des… anglais à la fin du 19ème siècle, en référence à une ville du Gloucestershire : Badminton.

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623 – Tout le monde il veut seulement la thune… 15 mai, 2020

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On y est ! Aboule le flouze, fait péter l’oseille, sort ton pognon, t’es prié de toucher au grisbi. Et fissa ! Cela n’a pas traîné n’est-ce pas ? Nos gouvernants, nos magasins non-alimentaires, nos banques et les marchands du temple en tous genres en veulent à notre argent. « Tout le monde il veut seulement la thune. » prophétisait Angèle. « Et puis ah quoi bon… ? »

Ah quoi bon ? Dans les faits, c’est très simple puisque en seulement deux mois, entre 5 et 10 milliards d’euros ont été déposés sur des Livrets A qui ne rémunèrent plus grand chose, c’est dire à quel point cette situation est ubuesque. Nous voilà subitement riches ! Enfin, moins pauvres ? Ou les deux.

Faute de pouvoir dépenser nos deniers dans des brasseries, dans des week-ends, dans des spectacles, dans des accessoires de mode et dans toutes ces futilités indispensables qui obnubilent notre quotidien, notre porte-monnaie a enflé et il suscite de solides convoitises.

Lorsque je pense à toutes ces personnes qui ne sont pas allées au restaurant depuis plus de 2 mois mais qui prétendent toutefois avoir pris du poids, quel délicieuse contradiction… Le fait chez-soi est-il officiellement l’ennemi de la silhouette ? Non mais, c’est ballot tout de même, car, à quelques semaines de faire bronzette, hop !, les bourrelets resurgissent à cause d’un vilain virus contagieux, et tous les efforts hivernaux pour être un(e) athlète sont annihilés.

Ah ! Objection : il sera probablement interdit de lézarder sur sa serviette de plage cet été avec son seyant maillot de bain assorti à son masque, et donc, tout est finalement très cohérent : on peut sereinement affoler son pèse-personne, car qui le remarquera ?

A titre personnel, j’ai tellement peu utilisé ma carte bancaire ces dernières semaines que j’en ai quasiment oublié le code. Fort heureusement, quand j’ai vu que mon litre de gasoil avait diminué de plus de 30 centimes, la mémoire m’est revenue en l’espace de quelques secondes. Sur le coup, j’étais immédiatement consentant pour payer, avec un enthousiasme tout neuf.

C’est assez intéressant de perdre l’habitude de dépenser, de ne pas céder aux tentations, de ne pas être tenté par ce que nos inénarrables experts en marketing identifient comme étant des « achats d’impulsions ». Ah, toutes ces têtes de gondole ignorées pendant 8 semaines, ces îlots promotionnels plus isolés que des îles désertes et toutes ces remises de 70 % remisées dans les réserves des magasins… Tenez bon, on arrive, c’est le premier week-end de déconfinement !

Tirelire

622 – Non mais, du coup, 1 jour, mon prince viendra, hein ? 11 mai, 2020

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Du coup, j’ai un doute, un seul, je ne sais plus si c’est Heidegger ou Louane qui disait : « C’est le jour 1, celui qu’on retient. » Hein ? D’ailleurs, c’est le jour 1+1 puisque nous sommes le 11 mai. C’est assez étrange parce cela fait bien longtemps que je ne me soucie plus du jour qu’il est, alors heureusement que les médias ont copieusement dramatisé et survendu ce lundi 11 mai : je présume que cela fait venir les annonceurs.

Bon, alors, que se passe-t-il concrètement aujourd’hui ? L’incontournable  focus sur des personnes qui portent des masques dans le métro, le coup de ciseau du coiffeur qui a commencé à travailler à minuit 1, décidément, ce 1. 1 jour est-il toujours constitué de 24 heures ? Il semblerait. A titre personnel, je m’étais fixé 1 seul objectif à atteindre d’ici à la fin du confinement : arrêter de dire « du coup » à chaque début de phrase et « hein » à chaque fin de phrase. Je l’admets : j’ai échoué, du coup, faut-il que j’attende un éventuel reconfinement pour y parvenir, hein ? 1 ?

Le 1er jour du reste de notre vie, celui à partir duquel, dans un élan collectif spontané et altruiste, grâce à cette imagination féconde qui irrigue, qui inonde, qui submerge soudainement nos esprits – faut voir ce qu’il pleut aujourd’hui -, nous allons enfin nous « réinventer » et explorer ce « nouveau monde » que l’on nous a tant prophétisé depuis 50 jours, et cette phrase qui n’en finit pas tant elle ne veut pas faire retomber l’intensité unique de ce moment, celui de ce 11 mai. Vous pouvez respirer.

Toi, moi, vous, nous, désormais promus comme étant les aventuriers conquérants de cette nouvelle vie déconfinée, décarbonisée, désinhibée, délivrée, libérée, c’est décidé, je m’en vais… et, du coup, on fait quoi, hein ? Cela ne va pas être si simple de revenir à une vie quasiment normale, en renonçant petit à petit au gel hydroalcoolique généreusement fabriqué par la Maison LVMH, ou par le Groupe Ricard, selon qu’il est l’heure de l’apéro ou pas. Et les masques confectionnés par Lacoste ou par Passionata, c’est déjà fini ? Hum…, c’était bien aussi.

La liberté, c’est vertigineux en fait. Cette période d’emprisonnement est une étrange expérience, et je me demande désormais ce qu’éprouvent réellement les détenus lorsqu’ils sortent de prison, à l’image de ce que Red ou Brooks, fébriles, hésitants, ont ressenti dans « Les Évadés ». La seule évasion que je me suis autorisée durant le confinement fut celle de rêver qu’il en serait différemment. Non mais, du coup, 1 jour, mon prince viendra, hein ?

Ah, un scoop pour conclure ! En effet, une rumeur rigoureusement infondée et frauduleuse prétend que l’immense Juliette Gréco aurait modifié les paroles de sa célèbre chanson « Déshabillez-moi » en une version, disons, plus… moderne :

«

Déconfinez-moi

Déconfinez-moi

Oui, mais pas tout de suite

Pas trop vite

Sachez me protéger

Me rassurer

M’immuniser

Déconfinez-moi

Déconfinez-moi

Mais ne soyez pas comme

Tous les hommes

Trop pressés.

»

Les évadés

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