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621 – On joue au Docteur ? 7 mai, 2020

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Non mais en fait, franchement, lorsque tout sera fichu, lorsque les pandémies se succéderont à elles-mêmes et que le confinement deviendra notre unique mode de vie, quand nous ne devrons choisir qu’entre deux options : le renoncement ou les résolutions, il nous restera heureusement une chose essentielle : la gaudriole. Le désormais célèbre épidémiologiste de sa Gracieuse Majesté, Neil Ferguson, Docteur en Philosophie et en Physique Théorique, nous fait la grâce d’une truculente polémique.

Celui qui a théorisé la « distanciation sociale » en Grande-Bretagne afin d’éviter des centaines de milliers de morts, ce Conseiller officiel de Boris Johnson a tranquillement transgressé la loi en s’accordant un peu de bon temps avec sa maîtresse par deux fois. Effectivement, pendant que les anglais se terraient chez eux, disciplinés, vertueux, sanctionnables, Neil a fait preuve d’une légère « distanciation » avec la règle mais nettement moins avec la prénommée Antonia. Hot stuff. Docteur en « Physique » et en « Physiques » aussi… ? You rock Baby !

Quelque part, c’est assez rassurant. Ce diplômé d’Oxford, spécialiste émérite des Mathématiques appliquées à la Biologie, le profil du premier de la classe ou du gendre idéal, le gars qui doit pouvoir te faire les 6 faces aux Rubik’s Cube en moins de 5 minutes, qui peut probablement te réciter sans sourciller La femme adultère de Federico García Lorca en espagnol dans le texte, ce mec-là se fait choper comme n’importe qui. Non, mais cela donne une dimension différente à ceux que l’on considère comme « intelligents ». C’est encourageant pour nous les autres, les non-diplômés d’Oxford.

En démissionnant de ses fonctions du Comité Scientifique du Gouvernement, il a publiquement déclaré : « J’ai merdé. » Ah mince, ça c’est la transcription ; non, il a dit : « Je reconnais avoir commis une erreur de jugement. » So chic ! Et surtout sympathique pour sa conquête d’être élevée au rang « d’erreur de jugement. » En plus d’être sans travail, Mr Ferguson risque de passer quelques soirées en solo dans quelques semaines. Quelle cochonnerie ce Covid !

Beatles

620 – Les maux me manquent 4 mai, 2020

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Les mots du quotidien sont le reflet de leur époque et même plutôt de leur période tant les événements se succèdent rapidement. C’est stupéfiant de constater à quelle vitesse nous nous approprions des termes désuets ou inconnus, sans s’étonner qu’ils fassent subitement partie de notre vocabulaire, et qu’ils disparaîtront, sans doute, avec le virus…

Ne serait-ce qu’il y a un an, les médias brassaient avec gourmandise du « référendum d’initiative citoyenne », remettaient le « rond-point » au centre du village et réhabilitaient le port d’un vêtement vintage : le « gilet », jaune de préférence. Si l’on remonte au début des années 2000, avec l’émergence du web, le champ sémantique de l’araignée – la toile – ou du monde aquatique – le surf / la navigation – ont durablement colonisé nos conversations.

Alors, que conservera-t-on de ce que l’on nous présente comme « le nouveau monde » dans lequel il est préconisé de nous « réinventer » ? Nous faisons désormais coexister le réseau social avec la « distanciation sociale » composée de « gestes barrière » et d’absence « d’embrassades » qui peuvent générer des « gouttelettes ». C’est joli une gouttelette, non ?

Et que dire du mot « confinement », la vraie star de 2020, et de son versant obscur : le « déconfinement » que même mon correcteur d’orthographe sur Word ne connaissait pas. D‘ailleurs, Word est un peu à l’image de nos gouvernants : ils savent à peu près comment confiner, en revanche, pour déconfiner, la réponse est-elle dans le dictionnaire ?

Au titre des sonorités délectables de cette crise sanitaire, il est inenvisageable de ne pas citer le « pangolin » ainsi que le terme qui monte jusqu’à nos oreilles et bientôt jusqu’à… notre nez : « l’écouvillon ». Pour conclure sur une note positive, je me félicite du fait que des brigades « d’anges-gardiens » sont appelées à nous protéger dans les semaines qui viennent, un mot tellement plus simple à articuler que le « Tocilizumab » ou la controversée « Hydroxychloroquine ». Mon ange…

Gouttelette

619 – Limitato (Confiné en italien) 23 avril, 2020

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Cette photo a été prise il y a exactement un an à Milan. Ou était-ce il y a mille ans ? On prétend souvent qu’une photo vaut mille mots, mais je vais un peu contextualiser cette image. En avril 2019, j’étais à la Fiera, soit un des Salons du Meuble les plus importants du monde. Vous allez peut-être me détester mais je suis allé de 2014 à 2019 sans interruption au mois d’avril à Milan, et ce Salon est probablement un des déplacements professionnels les plus agréables qui soient et que j’attends avec le plus d’impatience.

Alors, juste avant de partir, l’an dernier, j’avais pris le soin de photographier les dates de la prochaine session de la Fiera, celle de 2020. « See you – Arriverderci 21_26.04.2020 ». Alors, effectivement, je devrais être en Italie aujourd’hui. Mais je suis « limitato ». Comme ce mot prend un sens encore plus brutal en italien.

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Je n’y suis pas mais je balance, tant pis, car Go Voyages et Easy Jet ne m’ont toujours pas remboursé mes frais d’hébergement et de transport aérien engagés il y a environ 3 mois, alors, que, globalement, j’ai une vraie raison de ne pas avoir pris l’avion non ? Ce n’est pas de la mauvaise volonté, j’y serais bien allé à Milan en réalité mais : les frontières sont fermées, et cette chère Italie est si durement suppliciée par le virus. Mais bon, Go Voyages et Easy Jet ne doivent pas regarder les infos, il sont beaucoup trop occupés à éconduire les clients qui auraient l’audace de réclamer leur dû.

Concrètement, si je m’y étais réellement rendu, je vous décris une journée type. Après une petite quinzaine de kilomètres à arpenter les allées de ce Salon, c’est un événement très dense en termes d’activité, il eut fallu que j’aille apercevoir le soleil couchant en sirotant un Spritz sur une terrasse joyeuse. Il m’eut été obligatoire de me promener sur la Via Tortona et de constater à quel point cette ville est animée, décorée et esthétisée durant la période de la Fiera, parce que le design gouverne les lieux en maître dans un climat déluré.

Alors, mes pensées vont vers l’Italie, en me disant qu’au-delà de la souffrance des personnes contaminées ou de celles qui sont endeuillées, le Covid-19 s’est attaqué à l’art de vivre, à la fierté, à la culture. Ci vediamo doppo.

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618 – Futurologie – J moins … ? 17 avril, 2020

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C’est le triomphe de l’expertise. Il suffit d’allumer un écran pour constater à quel point ils squattent les tranches d’information. Infectiologues, virologues, épidémiologistes, toute une série de compétences scientifiques dont je ne connaissais pas l’existence il y a 3 mois, et qui, désormais, font partie de la moindre de mes conversations à l’hypermarché. Je vous narre la plus récente : « Non mais t’as vu le Professeur …, son analyse prospective de l’épidémie n’est vraiment pas rassurante, d’autant qu’elle est concomitamment corroborée par le diagnostic inquiétant du Docteur …, spécialiste en sérologie. Ah mince, il n’y a plus de farine, tu sais que me suis fait un masque avec un filtre à café, j’ai l’air d’un gros canard, mais bon… »

Toutes ces personnes qui réfléchissent et qui agissent pour améliorer notre santé, tous ces inconnus jusqu’à présent déconsidérés qui deviennent les stars de l’actualité, enfin, au moins à titre temporaire. On vérifiera quand même après à quel point leur haut niveau de considération est éphémère, lorsque cet épisode de crise sanitaire sera derrière nous.

Les experts en économie sont tellement distrayants eux aussi. On nous explique que le PIB soit la richesse intérieure va chuter de 3 %, puis de 6 %, puis…, on verra. C’est la récession quoi ! On nous décrit également que la dette française va représenter 112 % de la richesse nationale. J’en déduis donc qu’une dette qui augmente sur une richesse qui décroît, c’est plutôt une bonne nouvelle non ? C’est moins grave Docteur ? Même pas sûr.

Non, ce qui est beaucoup plus drôle, ce sont les remèdes. La France déclare, via son Ministre de l‘Économie, que 100 milliards d’Euros seront nécessaires pour remettre l’économie à flot ; je recommande dès lors de le renommer « Ministre de la Dépense ». Puis l’Union Européenne estime que ce ne sont pas moins de 1 000 milliards qu’il faudra réinjecter dans l’économie afin qu’elle ne s’effondre pas. Enfin, Monsieur Plus, celui qui ne peut pas absolument supporter qu’on avance un chiffre plus élevé que le sien, Donald Trump, évalue la potion à 2 000 milliards pour les USA. America First ! Qui dit mieux ? Et le Juste Prix est ?

Je me demande si toutes ces personnes importantes, tous ces VIP qui ont développé tellement de talent et d’intelligence pour atteindre ce niveau de responsabilité, réalisent ce qu’elles affirment en agitant leurs milliards de milliards. Redescendez les gars, revenez vers ceux qui vous ont élu : les gens. Message aux Puissants : nous sommes totalement confinés, mais pas totalement cons.

Enfin, au titre des experts qui a eux seuls mériteraient un blog tout entier, j’ai nommé, les prophètes du « Jour d’Après ». Mouahhh ! J’ai juste envie de m’en bouffer deux ou trois après le petit déjeuner, pour le petit creux de 10.30. Les idéologues du « Tout va changer, vous allez voir ce que vous allez voir ! », les pessimistes, les ésotériques, les néo-anarchistes du 21ème siècle, les écolos branche dure, les intellos à la mine grave, les philosophes des réseaux sociaux, les politiciens et tous les autres qui ne peuvent s’empêcher de donner leur avis sous prétexte qu’un micro et une caméra sont devant eux. On leur fera écouter leurs témoignages dans quelques mois ?

Sur un plan médical, sur un plan macro-économique et sur un plan sociologique, j’ai mille milliards de raisons qu’on ne sait absolument rien, au secours, je suis contaminé !

Boule de cristal

617 – Blob Story 12 avril, 2020

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Non mais, en fait, il n’est pas si pertinent que cela de recourir à l’avis de sociologues, de comportementalistes ou de médecins afin de cerner les mécanismes intimes du confinement. Nous connaissons toutes et tous de vrais spécialistes en la matière, des personnes qui, dès janvier 2001, ont offert si généreusement à la science une expérience d’enfermement contraint.

Celles et ceux dont nous devrions écouter les sages paroles se prénomment Loana, Jean-Edouard, Kenza, Aziz ou Philippe, car ils ont participé à l’émission qui allait faire émerger la téléréalité en France, le cultissime Loft Story. Ces pionniers ont quasiment 20 ans d’avance sur nous car le vainqueur de l’émission est resté 10 semaines à l’intérieur du Loft. 2 mois et demi calfeutré : la concordance avec la situation que nous vivons n’est-elle pas flagrante ?

Alors, je le sais bien et j’en ai été également coupable car c’était trop facile, c’était tellement snob à l’époque de se moquer des interactions un peu légères entrevues dans la piscine ou des querelles filmées dans les chambres. Nous les prenions pour des imbéciles, nous commentions sans relâche leur vacuité intellectuelle mais nous les observions copieusement alors ré-ouvrons les yeux !

Loft-story-logo-hd

Ces héros modestes n’ont pas uniquement cherché à distraire nos longues soirées de l’hiver 2001 ; non, ils étaient en mission : ils ont vécu une situation nous préparant à la crise du Covid 19. Il faut se l’avouer, les faits sont spectaculaires et retentissants, nous n’avions rien perçu. Je m’étonne à quel point les médias, pourtant si prompts à convoquer des experts en tous genres dans les sessions d’information, ne se tournent pas vers les candidats de Loft Story pour décrypter notre quotidien.

Qui mieux que ces avant-gardistes peuvent nous éclairer en toute légitimité des effets concrets de la réclusion à domicile sur notre moral et sur notre capacité à nous projeter dans l’avenir ? Qui mieux que ces défricheurs peuvent nous éclairer sur les conséquences à long terme du confinement sur notre esprit ? Réponse : les lofteurs.

Alors, pour se donner un peu de perspective, pour entrevoir de manière lucide à quel point notre pensée va se renouveler et acquérir un degré de philosophie jamais atteint, il est temps de relire l’oracle et de méditer. L’un d’entre eux, puissant, visionnaire avait déclaré : « Je vis mon quotidien au jour le jour. »

Piscine

616 – Le bruit des glaçons 10 avril, 2020

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J’ai une pensée affectueuse pour toutes ces catégories de personnes qui vont regretter cette épidémie, à terme, au premier rang desquels tous ceux qui demeurent à proximité des aéroports. Ce petit pavillon de banlieue qui a inexorablement supporté l’augmentation du nombre des rotations d’avions au fil des années, et, de manière inversement proportionnelle, a subi la baisse de son prix au mètre carré.

Sur le mois d’avril, la valeur des maisons dans les communes d’Orly-Ville et de Roissy-en-France a probablement été multipliée par dix, reste à trouver des acquéreurs. Quoi que. Même l’absence d’avions dans le ciel deviendra ennuyeuse dans quelques semaines, car les résidents seront obligés de focaliser leur attention sur les papillons qui batifolent pendant qu’ils se morfondent, sur le chant des oiseaux qui n’est plus perturbé par celui des moteurs d’Airbus et sur la douce quiétude ambiante.

Ah… On se serait pas en 2020 à l’ère du tout numérique et de l’intelligence artificielle, j’aurais peut-être considéré cette carte postale comme étant bucolique, champêtre, romantique. Mais non, globalement, il faut se l’avouer : c’est chiant de regarder la nature reconquérir son espace. Où sont les bruits d’embouteillages, les parisiens énervés, les bousculades pendant les grèves, le RER à la ramasse, les éreintants gilets jaunes et le besoin irrépressible d’être toujours pressé, tout ce qui faisait notre quotidien il y a à peine 6 mois. NB : Tout cela ne me manque pas non plus ! Cela dit, un fléau a été chassé par un autre, et tout le reste : ce n’est que de l’adaptation.

Rester confiné, et s’habituer à ce triste sort. Soit. Fort heureusement, l’imagination, elle, continue à irradier le cerveau de nos semblables, et notamment lorsqu’elle se pare de vertu pour faire du commerce. Les Marchands du Temple : ils sont de retour !

Un exemple parmi d’autres : l’éthylotest Ocigo. Leur pitch est impayable, limite imbuvable, santé !, je les cite : « Pourquoi un éthylotest quand on est confiné à la maison ? Pendant le confinement, les Français, livrés à eux-mêmes, perdent leurs repères face à l’alcool. OCIGO : L’éthylotest high tech, réutilisable à volonté aide à maitriser sa consommation d’alcool pour soi, ses proches et un meilleur avenir. » Un meilleur avenir, c’est glamour comme promesse.

Bon, en gros, avant, tu picolais parce que t’en avais marre du bruit des avions aux dessus de ta cheminée. Aujourd’hui, tu bois parce que tu n’as que cela à faire et en plus tu dois te rajouter une bonne dose de culpabilité en contrôlant toi-même que tes deux ou trois Mauresques ont eu raison de ta lucidité. Franchement, si le résultat au test Ocigo me démontre que je suis bourré, de tristesse : je me ressers une tournée. On n’en sort plus !

Heureusement, pour éviter de se charger, pour se détourner du coassement des grenouilles ou pour cesser de se languir des bruits urbains, il nous reste les films. Et bim ! Mauvaise pioche. Le tant attendu nouveau James Bond a été décalé au 11 novembre, date qui célèbre l’Armistice d’une guerre qui a fait des millions de victimes. Ce timing formidable. Le titre du film : « Mourir peut attendre. » Tu m’étonnes ! Merci pour le conseil. En ce moment, le seul qui détient la Licence 007, le permis de tuer, c’est Covid.

Alors, Covid, petit message personnel : j’ai bien envie de te mettre une mine au pastaga, puis te jeter dans un avion silencieux où tu serais l’unique passager et dans lequel tu aurais le premier rôle dans Destination Finale.

Avion

615 – Les Métamorphoses 4 avril, 2020

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Les historiens s’accordent à penser que le poète Ovide a écrit ses Métamorphoses en l’an 1 de notre calendrier. Joli sens du timing, l’Artiste ! Sa longue série de poèmes commence par : I – Le Chaos. « Avant que n’existent la mer, la terre et le ciel qui couvre tout, la nature dans l’univers entier ne présentait qu’un seul aspect, que l’on nomma Chaos. »

Vous aimez le latin ? En même temps, on n’a que cela à faire en ce moment, alors je vous recopie ce passage en version originale, c’est joli aussi, je vous l’assure : « Ante mare et terras et quod tegit omnia caelum unus erat toto naturae uultus in orbe, quem dixere chaos. » Rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosa. On décline en ce moment, non ?

Lorsque je regarde les éléments de sa biographie, Ovide était une sorte de punk à son époque, qui avait décidé de ne pas chanter des louanges trop appuyées à l’auguste souverain de cette époque, le bien nommé : Auguste. Certes, c’était une période post-assassinat de César, en pleine reconquête de la puissance romaine ébranlée par sa crise de régime et des dérives assassines de Brutus. Un homicide au sommet de l’État, ça fait tâche dans la Légende, alors il fallait faire du story telling à la gloire du Boss en place. « Fluit nihil spectare ! » comme on disait à l’époque.

Non, mais Ovide ne voulait pas faire comme ces fayots de Virgile ou d’Horace qui passaient leur temps à flatter le Pouvoir en prétendant bruyamment que Rome était absolument, vers 5-6 après J-C : « The place to be ». Toutefois, il semblerait dans les faits que la Mère Sup’, Auguste, tentait de restaurer une forme d’ordre moral. Finito, les orgies et les soirées « bunga bunga » chères à l’un des – très – lointains descendants des empereurs romains. Alors Auguste, après une énième critique d’Ovide dans L’Art d’Aimer, décida d’exiler le poète subversif près de la Mer Noire, dans ce que nous identifions comme étant la Roumanie d’aujourd’hui.

Difficile d’enchaîner après Berlusconi…, alors je vais poursuivre avec quelques extraits tirés de L’Art d’Aimer, un tantinet plus classe. « Elle ne te viendra pas du ciel sur l’aile des vents ; la belle qui te convient, ce sont tes yeux qui doivent la chercher. » « Tels sont, chez les femmes, les excès d’un amour effréné ; plus ardentes que les nôtres, leurs passions sont aussi plus furieuses. » « J’allais finir ; mais je dois dire que toutes les femmes n’ont pas la même humeur ; il est, pour répondre aux mille différences de caractère qui les distinguent, mille moyens de les séduire. »

Ovide, franchement, je te cède mon blog, je te donne l’identifiant, le mot de passe, tout ! Je m’incline face à tant de beauté, de clairvoyance et de sagesse. Je m’étais dit ce matin que j’allais publier un texte sur la base d’un jeu de mots un peu facile du style : Les Métamorphoses du Covid, un peu foireux en fait. Et je me suis laissé embarqué dans ton histoire, dans ta poésie, Ovide, on se tutoie ? Tu as métamorphosé ce que j’avais l’intention d’écrire.

Ovide

614 – Message Présidentiel 1 avril, 2020

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Elysée

Voici le discours d’Emmanuel Macron qui sera diffusé ce soir, et que j’ai pu me procurer, ne me demandez pas comment ; je vous le livre in extenso :

« Mes chers compatriotes,

Après quelques semaines de confinement, j’ai pris la décision modifier de manière significative le cap de mon quinquennat dès que je vous autoriserai à reprendre une vie normale, ce qui hélas n’est pas, à ce stade, à l’ordre du jour. En effet, je souhaite dès aujourd’hui vous faire part des priorités qui vont être désormais les miennes, et pour lesquelles je demanderai au Gouvernement une application stricte et immédiate.

Jusqu’à présent, j’ai mis toute mon énergie à vous inciter à être performants en toutes circonstances, et à chaque instant à être productifs et compétitifs, ce afin que notre pays que nous aimons tant demeure une des nations les plus puissantes du monde. Afin que notre chère France qui ne compte guère plus de 65 millions d’habitants se classe parmi les 5 pays les plus riches du monde. Quel destin pour nous, françaises, français ! Mais la richesse d’un pays se mesure aussi par sa capacité à redistribuer la prospérité à son peuple, et je me suis également inscrit dans cette tradition française d’un État protecteur et comptable des impôts qu’il collecte, dans un souci d’intérêt général.

Tout cela va changer. Demain. J’ai pris la décision que la productivité et la compétitivité deviendraient des objectifs secondaires, et qu’il nous appartiendra de nous focaliser sur l’enseignement, sur la santé, sur la préservation de l’environnement, sur la justice, sur la culture, sur la recherche, sur la protection des plus faibles, sur l’équité et plus globalement sur le bien-être. Jusqu’à présent, la force de notre économie déterminait notre marge de manœuvre sur toutes les priorités que je viens de lister, et c’est dès maintenant l’inverse qui va guider nos choix.

Je me moque dès à présent d’affaiblir notre économie si l’air est plus sain, si nous parvenons à hisser le plus faible d’entre nous vers le haut, si les océans sont propres, si les enseignants ont les moyens d’instruire et les médecins de guérir et si la dignité éclaire tout ce que nous entreprenons. Je fais donc le pari suivant : renforçons-nous collectivement et individuellement, et nous serons plus forts en tant que puissance économique. Montrons ce chemin nouveau à l’Humanité toute entière comme ont su le faire nos héros du Siècle des Lumières il y a plus de 200 ans.

Françaises, Français, je m’adresse à votre intelligence, à votre génie, à votre bon sens. Vive la République ! Et vive la France ! Poisson d’Avril. »

613 – La télévision comme j’aime 31 mars, 2020

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La redécouverte de l’objet « téléviseur » n’est pas le moindre des paradoxes de cette situation. On nous explique, depuis l’avènement des smartphones, que ce vieux média qu’est la télévision n’est guère plus qu’une lucarne « à la papa » dédiée aux seniors. Même la ménagère de moins de 50 ans n’est plus un mythe marketing crédible, car elle acquiert désormais ses chaussures sur sarenza.com via sa tablette, et, de ce fait, n’offre plus de cerveau disponible aux annonceurs de TF1.

Mais quand Canal + décrypte ses programmes pour quelques semaines, autant le dire, c’est une opportunité supplémentaire tellement délectable en ces temps de confinement. Toutefois, le cador, le patron, c’est Emmanuel Macron. Plus regardé que Kylian Mbappé et Zinédine Zidane réunis, plus attendu que Nikos dans The Voice, bref, le champion du monde de l’audience, c’est lui. Non mais, il est déjà le plus jeune Président élu, veut-il réellement battre tous les records ? Qu’il nous laisse deux ou trois trucs pour crâner quand même !

Plus de 35 millions de téléspectateurs toutes chaînes confondues devant leur écran de télé le lundi 16 mars, soit 86,6 % du public selon Médiamétrie. Le plus simple serait de compter ceux qui n’étaient pas là pour le voir. Impossible d’y échapper, car quand près de 10 millions d’entre nous le dévisagions sur France 2, 68 000 personnes regardaient sa déclaration sur L’Équipe TV. T’es peinard en train de te mater une rediffusion d’un match où le PSG atomise l’OM, et bien non, l’avant-centre, celui qui se la joue perso et qui ne fait pas de passe avant de marquer un but : c’est Emmanuel Macron.

Ah, ces chers rituels retrouvés de « Et elle est où la télécommande ? » ou le célèbre : « Baisse le son ! », comme ils m’avaient manqué. Et comment ne pas évoquer le débranchement méthodique mais approximatif de la PlayStation pour parvenir à faire un raccordement convenable, tout cela afin d’obtenir le tunnel de publicités pour des voitures que l’on ne pourra pas essayer pendant quelque temps encore.

Non, mais le pire, c’est quand même que tu es en train de grignoter ton paquet de noix de cajou avec ton petit apéro du soir, bien calé devant le message du Président, et tu as Bernard Canetti qui vient, juste avant l’allocution, ajouter à ton emprisonnement un sentiment de culpabilité.

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612 – Si loin – Si près 29 mars, 2020

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Se dire que Mulhouse est désormais considérée comme la lointaine banlieue de Wuhan, qui aurait formulé cette évidence, ne serait-ce qu’il y a deux mois ? La durée de vol entre Paris et Wuhan est d’environ 11 heures, soit à peu près le temps qu’il faut, en voiture, pour aller de Lille à Nice. Ce « village mondialisé », si cher à notre civilisation, nous l’avons tant voulu et nous l’avons obtenu : youpi ! Par conséquent, il est aussi simple d’acquérir un téléviseur 8K qu’un virus mortel, mince, on ne l’avait pas prévu.

Évidemment, je ne suis pas de ceux qui appellent à la fermeture stricte des frontières et je n’aboie pas avec ceux qui hurlent sur le Pouvoir parce qu’il n’avait rien anticipé : ce sont souvent les mêmes personnes d’ailleurs. Si au moins une vertu pouvait se dégager de cette catastrophe, eu égard à ceux qui souffrent, ce serait l’humilité. Nos élites ne savaient pas, nos gouvernants ont été dépassés par la situation, nos scientifiques font face à un virus d’une force inédite, nous étions collectivement et individuellement dans le déni et toute une série de mauvaises décisions a été prise. Il faut juste l’admettre, point. Et, espérons-le, en tirer les enseignements.

Je me revois, le vendredi 13 mars, faire un check affectueux à mes adversaires après un joli match de badminton, tout en envisageant la situation de la Chine, de loin, avec effroi, et en prophétisant que ça n’arriverait pas chez nous. Mauvaise décision, j’ai fait courir un danger aux autres ce soir-là. « On rejoue demain les copains ? » Le 14 mars, le gymnase était fermé. Le 16 mars : tous à la maison.

Tiens ! Nous sommes passés à l’heure d’été cette nuit. Bullshit. J’ai du mal à savoir quel jour nous sommes, alors… « Vous avez passé un bon week-end ? » devient aussi une expression aussi vintage que le Minitel. La semaine se redéfinit par le jour où je dois aller à l’hypermarché, mais toutefois, comme repère, c’est assez approximatif car les points de vente alimentaires sont ouverts du lundi au dimanche.

D’ailleurs, ma dernière visite dans un magasin m’a laissé la trace d’un contraste assez savoureux, car après avoir été martialement filtré à l’entrée, les premières choses que j’ai vues furent des animaux en chocolat. Poules et lapins alignés par centaines dans la zone promotionnelle saisonnière, comme autant de promesses d’achats d’impulsion. Attendez, j’étais venu pour des pâtes, moi. J’ai perdu la notion du temps ; effectivement, c’est bientôt Pâques et je dois planifier une chasse aux œufs confinée. Mais on est où là ?

Est-ce que l’on parle du Lapin de Pâques à Wuhan, est-ce que les enfants de Mulhouse auront le cœur à dénicher des chocolats dissimulés, est-ce que Covid-19 s’attaque aussi à l’émerveillement des petits qui attendent ce moment avec tant d’impatience ?

Lapin

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