172- Société Nationale des Coeurs Fanés 10 janvier, 2012
Posté par stiopka dans : Non classé , trackbackLes problèmes qu’occasionnent les changements d’horaires à la S.N.C.F. depuis le mois de décembre dernier, ceux que les médias nous ont rebattu par dizaines, ne sont pas ceux que l’on croit être.
Et qu’untel est obligé de se lever une heure plus tôt, et qu’unetelle n’a plus de train le soir… C’est vrai, c’est contraignant, c’est fâcheux, c’est problématique mais cela n’a rien à voir avec le drame que vivent d’autres catégories de personnes : les timides, les romantiques, les contemplateurs platoniques, les coeurs transis.
Ah ! Ce train de 6.58, ce cher train de 6.58, celui dans lequel Mathieu pouvait observer, de loin, mais intensément, cette jeune fille brune prénommée Claire (il avait mis 6 mois à le découvrir) assise à la place 21. Pschitt ! Envolée, Claire, invisible sur le nouvel horaire de 7.26, ni celui de 7.52.
Évanouie, disparue, comme si elle n’avait jamais existé, comme un rêve, et dire qu’il n’avait jamais pu lui avouer à quel point il était amoureux d’elle.
Et comment décrire le chagrin de Mélanie qui n’avait d’yeux que pour le beau brun du Wagon 17 de ce train de 18.44, qui n’avait pas d’alliance apparente, souriant, prévenant, avec des épaules larges et protectrices : comme elle eut aimé s’y blottir.
Hum, il doit à l’heure actuelle faire du co-voiturage avec l’une de ses collègues, ah… Quelle torture ! L’a-t-il au moins remarquée ou déjà oubliée, Mélanie, elle et ses rêves de princesse qui espérait une rencontre magique et impromptue qui allait bouleverser son existence.
Elle y était presque, elle allait se lancer, aller vers lui, il était tellement beau et elle était tellement faite pour lui.
Alors, je veux bien admettre que ces changements d’horaires sont un facteur déstabilisant pour les habitudes et pour les conditions de travail, mais n’ont-ils pas un effet encore plus grave, celui de détruire des histoires d’amour ?






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