346- Larme blanche 2 octobre, 2012
Posté par stiopka dans : Non classé , trackbackQu’on me maudisse si j’ai jeté le mauvais oeil, qu’on m’en veuille si j’ai été de mauvaise foi, qu’on s’écarte de mon chemin si j’ai mauvaise réputation.
L’Humanité, dans sa décadente imagination, a procréé « le mauvais regard », celui qui peut vous valoir de vous faire assassiner froidement.
Et si l’on brûlait les yeux à ceux qui ont ôté la vie à ces deux jeunes gens ? Et si on les forçait à regarder le soleil à la jumelle pour cramer leurs rétines ?
Et si on maintenait leurs yeux écarquillés devant une éclipse totale afin qu’ils apprécient, une dernière fois, la lumière, celle qui s’est éteinte chez deux innocents ?
Alors, probablement, dès lors, ces meurtriers seraient-ils bien incapables de distinguer un « mauvais regard » et vouloir le punir ensuite de manière irrémédiable.
Tant de situations de la vie quotidienne nous contraignent à baisser les yeux : la précarité, celle des autres, la sienne, la maladie, la souffrance, l’injustice.
Alors, ce qui nous tient debout, parfois, c’est de regarder les autres dans les yeux, par fierté, par courage, par dignité, pour se sentir vivant, d’égal à égal, sans armes blanches pour se départager. Juste des êtres humains dotés de leur sens le plus précieux, la vue, qui se regardent.
« Tu me regardes pas comme ça ! Tu baisses les yeux ! Tu baisses les yeux fils de pute où je te crève le bide, toi et ton fils de pute de copain ! T’es mort. »






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