361- La fracture sociale 23 octobre, 2012
Posté par stiopka dans : Non classé , trackbackLes générations perdues, brisées, arrêtées dans leur élan, se superposent, se juxtaposent, et leurs individus se comptent par millions.
Les jeunes arrivent, inquiets, anxieux sur le marché du travail avec la perspective de ne pas en trouver. Cette époque a l’odieux talent de faire vieillir prématurément toute une tranche d’âge comprise entre 20 et 25 ans, en leur donnant d’emblée des préoccupations de quadras et de quinquas.
C’est une forme de passerelle entre les âges, une transmission, quel joyeux millénaire ! Les rides se creusent, tout le monde a les mêmes.
J’ai récemment assisté à une réunion de l’A.P.E.C.* à laquelle étaient conviés des demandeurs d’emploi désireux de faire le point avec un « consultant expert », et dont le thème général était : « Être impactant en 3 minutes à un entretien de recrutement. »
Programme de l’après-midi : échange de bonnes pratiques, verbalisation des projets professionnels, synthèse des points forts et des axes d’amélioration, obstacles rencontrés, solutions… ?
Ciel ! Je me demande si les gens n’assistent pas à ce type de session pour se convaincre que, finalement, c’est nettement pire chez les autres, et qu’au final : individuellement, on ne s’en sort pas si mal.
Des gueules cassées, des voix lasses et brisées par l’émotion : 15 ans, 20 ans d’expérience en entreprise broyée par une inactivité de 15 ou 20 mois. Des vies réduites à la sollicitation permanente d’une embauche, à la quête de leur dignité perdue, à la destruction méthodique de toute forme d’espoir, à l’envie d’exister, socialement.
Cette civilisation qui repose sur la productivité et sur le travail, mais qui n’en offre pas à la majorité, va droit dans le mur.
Le modèle de notre société actuelle est bien cerné désormais. D’un côté, ceux qui sont « surbookés » : ils prennent la charge de travail ou la demi-charge d’une personne qui ne sera pas recrutée, et ils aimeraient bien souffler un peu mais ils s’accrochent à leur job, car, de l’autre côté…
… ce sont ceux qui sont totalement déchargés de toute forme de responsabilité et qui crèvent d’envie d’être débordés, par les horaires et par les contraintes liées à l’exercice d’une profession. Quitte à en crever, autant se rendre utile.
Le burn out ou la dépression ? L’excès ou la dégringolade ? Mais avez-vous réellement le choix ?
*Association Pour l’Emploi des Cadres






Bravo tu as bien résumé le mal de ce siècle.
Avons nous eu raison de mettre des enfants sur terre si c’est pour qu’ils vivent ce genre d’existence peu sécurisant ?????
Mieux: être débordé alors que tout le monde pense que ton job consiste à se la couler douce.